Vos histoires de voyage

 

ÉF

Vous pouvez maintenant nous faire parvenir vos récits personnels de voyage ! Vous avez vécu des moments exceptionnels et souhaitez les partager avec les Flyés ? N’hésitez surtout pas à nous envoyer vos textes, extraits de journaux de bord, réflexions baladeuses, etc. Nous les publierons avec plaisir comme ceux que nous vous présentons aujourd’hui. Ils nous viennent de Jean Quentel, ravi de sa découverte de l’Inde et de Jean Cazeaux qui a passé l’hiver dernier en Basse Californie…
Adressez votre texte à : lesretraitesflyes@gmail.com

RÉFLEXIONS SUR UN PREMIER VOYAGE EN INDE

Jean Quentel se présente ainsi :

Enseignant, j’ai régulièrement profité mes deux mois de vacances pour faire des voyages à travers le monde, le plus souvent seul. Comme j’ai un faible pour les sites archéologiques, les monuments, les musées, j’ai toujours choisi des pays ayant un riche passé culturel.Et j’ai parfois pris des années sabbatiques pour aller visiter des pays un peu plus lointains comme les pays d’Asie. Une fois à la retraite, j’ai repris mon carnet de voyage sur l’Inde pour écrire un récit de voyage édité par Publibook.Il m’arrive de présenter des conférences sur mes voyages dans des bibliothèques.


L’Inde, pays de plus d’un milliard d’habitants qui compte 14 langues officielles et 33 millions de divinités, et dont l’histoire est plusieurs fois millénaire, ne se raconte pas en une page.

Trois mois à parcourir cet immense pays en bus, en train, en rickshaw ou à pied, m’ont , sans contredit, laissé d’innombrables souvenirs. Comme me le disait un ami Australien rencontré dans un bus du Karnataka, « Ce qui est extraordinaire en Inde, c’est que chaque matin, on se lève en se demandant quelle aventure nous attend ! »

Un pays imprévisible

Voilà : c’est le mot exact. J’ajouterai, merveilleux, beau, déconcertant et riche d’une population très attachante. Et, pourtant, tout n’y est pas rose… La misère, la saleté des rues, l’exploitation des enfants handicapés ainsi que la triste condition des femmes et des intouchables, cela aussi en fait partie.

Des amis m’ont avoué ne pas avoir aimé leur voyage là-bas, justement en raison de la saleté et de la misère, des réalités dont ils n’arrivaient pas à se détacher. Et ce, malgré, le Taj Mahal se mirant dans la Yamuna, la ville de Jaisalmer située dans le désert du Thar, les filets chinois au coucher du soleil à Cochin, les saris multicolores des femmes dans les champs et les admirables sculptures ornant les temples de Khajurâho…

Pour ma part, sans être aveugle, j’ai pris le parti de lever les yeux en découvrant ce merveilleux pays. Je revois encore ces paysannes indiennes se pencher pour ramasser des bouses de vaches avec tant de grâce qu’elles semblaient cueillir des fleurs. Et, que dire de ces Indiens acceptant sans le moindre signe de désapprobation que, par ignorance, je m’assois sur un banc de bus réservé aux femmes ? De plus, je me rappellerai toujours de ces cinq jeunes étudiants de Bodgaya se cotisant parce qu’ils voulaient à tout prix m’offrir un café.

Magnifiques édifices musulmans et hindous

Dans un autre ordre d’idée, la présence des Musulmans en Inde se remarque surtout dans le nord du pays. Ils nous ont d’ailleurs laissé d’admirables édifices militaires et religieux, mausolées et mosquées qui sont érigés en grande partie dans les villes de Delhi et Agra, et qui datent, pour la plupart, de la période des empereurs moghols.

En outre, dans la partie sud du pays, laquelle a été peu ou pas occupée par les Musulmans, on trouve les plus beaux temples hindouistes, plus spécifiquement dans l’état du Tamil Nadu. Qu’ils soient dédiés à Shiva ou à Vishnou, ils sont couverts de sculptures de femmes à demi nues et appelées devadasi ou apsara, c’est à dire danseuses et musiciennes sacrées. Étrangement, malgré le fait que les Indiens soient si pudiques, ils n’ont pas l’air de se scandaliser en voyant ces corps orner les murs de leurs temples et adopter des attitudes provocantes. Imaginez voir la Vierge Marie bien dénudée sur les murs de nos églises, et, dans une attitude lascive, cajoler Saint-Joseph dans ses bras ! Impensable, bien sûr, pour un Occidental… Ces temples indiens sont donc, à nos yeux, un véritable choc culturel.
Il faut toutefois comprendre que les Indiens vivent en intimité avec le divin, lequel pénètre tous les actes du quotidien. En effet, les pensées et les sentiments y réfèrent constamment. Dans cette culture, il n’y a pas d’activités sacrées par opposition aux activités profanes, et la religion est vécue à chaque instant. En somme, l’hindouisme n’est pas tant une religion qu’une manière de vivre.

Inde du Sud : une conversation aussi inusitée que surprenante

Sur le trajet entre OOty et Cochin, je m’installe sur la banquette arrière de l’autobus, mon gros sac à dos serré entre les jambes, car il me semble qu’ainsi, je dérangerai moins les autres passagers. Puis, comme cela m’est arrivé maintes fois, un des passagers près de moi entame la conversation. J’ai alors droit aux cinq questions habituelles que l’on pose aux étrangers : « What is your name ? Where do you come from ? What is your profession ? Are you married ? How old are you ? »

C’est avec plaisir que je réponds à leurs questions. Je n’étais pas encore blasé car il n’y avait que cinq semaines que j’étais au pays. L’homme qui s’intéresse à ma personne se présente à son tour : il vient du Kerala et il est tout content que je sois enseignant car, lui aussi, il travaille comme instituteur. Il aime beaucoup le Canada. Il semble toutefois étonné qu’à mon âge, je sois encore célibataire, et, quand je lui réponds que je suis catholique, ses yeux s’illuminent. « Moi aussi, je suis catholique !» me répond-il avec une grande satisfaction. Dans le bus, ils sont au moins une dizaine de passagers à nous regarder avec curiosité et à essayer de comprendre la teneur de notre conversation.

En fait, je remarque qu’une tierce personne traduit nos échanges et je vois mes voisins hocher la tête en souriant. Puis, par acquis de conscience j’imagine, l’instituteur me demande si j’aime les femmes. Devant ma réponse positive, je crois qu’il va me sauter au cou. « J’ai deux filles célibataires de 21 et 23 ans », me dit-il. Je peux organiser votre mariage avec celle qui vous plaira le plus. À ce moment, tout l’arrière de l’autobus s’enthousiasme, car un futur mariage est en train de se conclure. Décidément, il règne une ambiance de fête !

Jean Quentel

Jusque-là, je me trouvais très à l’aise. Je commence toutefois à me demander si l’entretien avec ce gentil voisin n’est pas en train de prendre une tournure que je ne contrôle plus du tout. Pour tenter de calmer ses ardeurs maritales, je lui répète que j’ai 45 ans et que c’est bien trop vieux pour ses jeunes filles. Il me regarde d’un air étonné, cela lui semble un détail bien futile. «Vous n’aurez rien à payer, continue-t-il, l’église, la mairie, le banquet, les invités, tout sera à ma charge ! » Devant la tournure que prend notre histoire, je commence à me sentir mal à l’aise. Et, pensant le décourager, c’est sur un ton grave que je lui réponds : « Dans mon pays, on ne se marie pas avant d’avoir fait connaissance avec la future mariée. » Il paraît surpris de ma répartie, et, comme pour me convaincre définitivement, il ajoute : « Après la fête, vous prenez ma fille et vous en faites ce que vous voulez. »

À ce moment, il a dû lire sur mon visage que quelque chose m’avait choqué. Se peut-il que ce charmant monsieur ait trouvé un moyen très honorable de se débarrasser de l’une de ses filles ? Ou bien, serait-ce une particularité de la culture indienne qui m’est inconnue ? Je ne sais plus comment me sortir de ce pétrin. Dieu merci, nous arrivons enfin au terminus d’Herculanum, et, curieusement, l’excitation générale tombe d’un coup. Finalement, c’est à un homme très déçu que je serre la main en guise d’adieu.

Jean Quentel
Révision : Sylvie Fortin


BAJA CALIFORNIA – UN MEXIQUE PLEIN DE CHARME

L’hiver dernier, ma conjointe et moi avons connu deux mois de dépaysement dans le Sud, afin de fuir les rigueurs de l’hiver québécois.

Chaque fois que je regardais la carte de l’Amérique du Nord, j’étais attiré par une longue et curieuse pointe de terre au sud de la Californie, entre le Pacifique et le Mexique continental, nommée par les Mexicains « Baja California ». J’avais particulièrement envie de connaître la ville de La Paz (la paix), située au sud de cette presqu’île longue de plus de 1500 km.

La Paz, ville de 225 000 habitants, capitale de la Baja California Sur, est située sur le bord de la mer de Cortès, un long bras de mer, à l’est de la péninsule. C’est une ville typiquement mexicaine : elle n’a pas encore été envahie par le tourisme de masse, ce qui lui permet de conserver son cachet authentique. Et ce, contrairement à Cabo San Lucas, très prisée par les Américains, qui l’ont transformée en Miami mexicaine.

Le Malecon de La Paz

Un magnifique endroit où se poser

Par l’intermédiaire du site Homeaway, nous avions réservé une petite maison à quelques pas du Malecon, une longue promenade aménagée le long de la baie de La Paz. La propriétaire, nommée Argentina, est une personne fort sympathique qui a beaucoup apprécié notre séjour, car nous avons été respectueux de sa propriété. Elle serait d’ailleurs heureuse de recevoir des Québécois et prête à leur faire profiter d’une baisse de tarif appréciable. Elle et son conjoint sont professeurs à Cabo San Lucas, où ils habitent. De plus, comme sa famille demeure autour de chez elle, à La Paz, tous ont été aux petits soins avec nous. C’est pourquoi nous recommandons chaleureusement cette résidence aux « Flyés » comme nous. Il est, en effet, possible de passer des vacances de façon décontractée dans un lieu hors des sentiers battus. C’est aussi l’endroit idéal pour ceux et celles qui recherchent des relations privilégiées avec une population

Nul besoin de voiture : on marche, en découvrant cette ville qui ne cesse de nous étonner, nous les « cartésiens » du Nord. Quand on est trop fatigués, on prend les « colectivos », ces petits autobus de moins de 20 places qui sillonnent la cité dans toutes les directions. On fait signe au chauffeur et il s’arrête pour nous faire monter. En outre, le tarif de 5 pesos (25 cents) ne nous décourage pas de l’utiliser! Partout, il y a de la musique, des gens qui nous saluent, des petits enfants bien habillés, toujours traités avec amour par leurs parents.

De belles découvertes

Nous avions réservé pour deux mois, du 20 décembre au 20 février. Le premier mois, la température était un peu fraîche, mais cela ne nous a pas dérangés, car nous sommes de bons marcheurs. Mais, en février déjà, le soleil commençait à darder ses chauds rayons et nous recherchions des parcours ombragés. Au cours de ce même mois, sur les conseils du bureau d’information touristique, nous avons choisi un tour d’une journée avec la compagnie Choya Tours. Un autobus confortable nous a donc fait traverser la péninsule d’est en ouest vers la petite ville de Todos Santos, située sur la côte du Pacifique. C’est une ville historique fondée par des religieux et elle a conservé une architecture de l’époque. C’est aussi là que les membres du fameux groupe rock Eagles ont créé leur populaire chanson qui a traversé les décennies : Hôtel California. Fait intéressant, cet hôtel mythique est toujours là et est devenu un incontournable à visiter absolument!

Une très agréable croisière

Puis, longeant l’océan Pacifique, nous avons fait une halte à la ville très touristique de Cabo San Lucas où nous avons eu droit à un repas mexicain suivi d’une promenade en mer, ces deux activités étant incluses dans notre forfait. Nous avons donc longé la magnifique côte jusque sous le fameux Arco, le « rocher Percé » local. Par sa beauté, cette croisière nous a rappelé celle que nous avions faite à Bonifacio, au sud de la Corse.

Après avoir visité une fabrique de Téquila où on nous a proposé une dégustation de trois catégories de cet alcool, l’autobus nous a conduits à la ville de San José del Cabo, une ville moderne à l’américaine. Je vous recommande donc ce joli tour : pour la modique somme de 100 $, il vous procurera un souvenir inoubliable.

Et, n’oubliez pas : la maison d’Argentina vous attend! Vous pourrez la trouver sur le site Homeaway : après avoir inscrit votre destination « La Paz Basse Californie Mexique » ainsi que vos dates, cliquez sur « Tarifs », du moins cher au plus cher, et déroulez jusqu’à « Maison Salomé ». Ensuite, cliquez pour connaître tous les détails. Je vous souhaite un beau voyage!

Jean Cazeaux
Révision : Sylvie Fortin