QUATRE BABOUCHKAS DANS LA VILLE D’OR (4)

LA TOURNÉE DES QUATRE BABOUCHKAS SE TERMINE DANS L’OR ET LA LUMIÈRE DES GRANDS PALAIS DE SAINT-PETERSBOURG

Le bateauNous aurions dû atteindre Saint-Petersbourg à 8:30 ce matin après avoir navigué toute la nuit, mais il y a une tempête sur le lac Ladoga et nous avons été immobilisés sur la Svir depuis hier soir pour une durée indéterminée pouvant aller jusqu’à plusieurs jours. Le  séjour à Saint-Petersbourg, but de cette croisière, est donc compromis

Pour l’instant, on gèle à bord et il n’est que 10:15 le matin. À part Nicole, qui n’a jamais froid, nous avons empilé chandails et polaires, jusqu’à quatre épaisseurs. Finalement nous nous sommes réfugiées d’abord dans la salle de conférence qui était chauffée, je ne sais pourquoi, pour regarder un film sur les Romanov, puis sous la couette pour un petit  dodo avant le lunch. Dans la cabine nous avons pu mettre du chauffage électrique. En fait, nous avons levé l’ancre à 16:00 et la chaleur est revenue. Nous naviguons  dans la tempête sans trop de roulis ni tangage mais de magnifiques vagues moutonneuses dont certaines viennent frapper à la fenêtre dans une grande éclaboussure. L’une d’elle a d’ailleurs fait décrocher la fenêtre qui s’est ouverte d’un tiers. Heureusement Danielle était dans la cabine et, avec la force du désespoir, a réussi à grimper sur le bord et à la  fermer mieux que je ne l’avais fait. Donc la fenêtre est maintenant plus étanche, il ne rentre plus d’air et elle ne siffle ni ne vibre plus comme avant. D’ailleurs, peu de temps après, un membre de l’équipage a barré toutes les fenêtres.

L’Ermitage
Nous avons donc longé la côte du lac plutôt que de le traverser au large et avons accosté à Saint-Petersbourg à 7:00 ce matin pour rattraper le programme prévu. Nous avons finalement «perdu» 24 heures dans la tempête.

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Nous sommes encore enivrées de notre visite à l’Ermitage. On a beau avoir lu des livres, regardé des DVD ou des guides, on ne se fait pas d’idée de la richesse somptueuse des lieux. Tous les détails sont soignés, en particulier les planchers en marqueterie et l’opulence de chaque pièce a de quoi subjuguer.

Hermitage 2Même si on n’aime pas le rococo et les dorures, on reste abasourdies et admiratives devant un tel débordement de décors  peints, de marbre, malachite et lapis-lazuli. L’or est ici la matière dominante, parfois en soulignant un motif, parfois en couvrant la pièce toute entière. Et c’est de l’or importé !

L'Eremitage

La frénésie d’achats de collections de la grande Catherine n’a eu d’égale que celle de ses successeurs, si bien que l’Ermitage compte aujourd’hui trois millions d’œuvres d’art dont un dixième seulement est exposé. Notre guide prétend que Catherine ne connaissait rien à la peinture, ni à la sculpture, ni à la musique, mais qu’elle voulait être à la hauteur des grandes cours d’Europe et qu’elle a demandé conseil à Voltaire et Diderot pour savoir quoi acheter. Elle se fiait aussi aux collectionneurs et rachetait d’un coup toute la ce qu’ils avaient mis des années à rassembler.

La ville de Pierre le Grand 

Nous avons eu un bon lunch dans un petit restaurant puis nous avons amorcé un tour du centre-ville en autocar. Nous  avons visité la forteresse de Saint Pierre et Saint Paul, première construction de Saint-Pétersbourg commencée le 25 mai 1703. L’église qui contient les sarcophages de tous les Tsars, tous identiques en marbre blanc, ainsi que ceux des leurs épouses et enfants, ne servait qu’aux rites funéraires. Elle a été conçue par un architecte italien qui n’a pas respecté les caractéristiques des églises russes, a fait une flèche dorée au lieu des bulbes, changé l’iconostase, l’ensemble ne nous a pas plu

Pour s’assurer que sa ville grandisse le plus vite possible, Pierre le Grand a interdit de construire des maisons en pierre dans tout le royaume. De plus, tous les bateaux qui venaient à Saint-Pétersbourg devaient apporter un dixième de leur charge en pierres. Tous les artisans de la construction de toute la Russie ont été forcés de venir bâtir cette ville surgie de nulle part en un temps record.

Les pontsdAprès la visite de la ville, pendant laquelle nous avons eu droit à un rayon de soleil juste pour savoir qu’il existe ici aussi, nous sommes rentrés au bateau pour en repartir à 23:30. Oui, vous avez bien lu ! Il faut faire la visite de nuit et voir les ponts de la Neva s’ouvrir…  Les immeubles sont illuminés, et la ville étant parcourue de plusieurs rivières et canaux, la Venise du Nord, ils se reflètent souvent dans l’eau pour un effet spectaculaire.

Pendant la saison navigable les ponts ouvrent la nuit pour laisser passer les bateaux à plus gros tonnage,  à des heures différentes, le dernier passé 2:00 heures pour se refermer à 5:00 heures.  Les pauvres Saint-Pétersbourgeois qui veulent rentrer chez eux la nuit en traversant la Neva doivent faire jusqu’à 30 kms aller-retour pour trouver le pont qui ne lève pas. Le tour de nuit comprenant  l’observation de l’ouverture de plusieurs ponts, nous sommes rentrés à 2:30 pour nous lever ce matin à 6:45 . Dur, dur d’être de touriste !  

Petrodvorets, à la campagne mais  loin d’une isba

Ce matin il fait soleil et nous partons pour un autre château hors de Saint-Pertersbourg. Cette résidence impériale est située au bord du golfe de Finlande. Encore une fois l’envie de rivaliser avec Versailles est manifeste. Le premier château, commandé par Pierre Le Grand, était assez modeste au départ, mais a vite été agrandi, modifié et remodifié selon les modes.

Petrodvorets

 
Petrodvorets

Nous avons fini la visite par un bon repas près du château, puis retour au bateau. De nouveau,  le ciel s’est couvert. Nous faisons nos valises car nous le quitterons   définitivement le Nicolai tôt demain matin pour une autre journée marathon vers Tsarskoye Selo et Pavlovsk. Nous avons été enchantées de cette croisière et en projetons d’autres tout aussi… «fluviales».

Hélène Tanghe
Les retraités Flyés tiennent à remercier Hélène Tanghe de leur avoir permis de publier son journal de bord à l’intention de tous ceux et celles qu’une croisière fluviale dans ce pays aux vestiges magiques risquerait d’attirer…

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