LA VIE À BORD DU «NICOLAI TCHERNECHEVSKY» (3)

Avec le sourire et un humour certain, Hélène Tanghe parle de la vie à bord du bateau sur lequel elle remonte la Volga avec ses trois

babouchkas complices.

Le bateau

Le Nicolai Tchernechevsky

Je vous ai plus parlé des excursions hors-bord mais il y a une bonne part de notre temps qui se passe à bord. Ne vous fiez surtout pas à la présentation internet qui donne une image assez terne du bateau. Il a plusieurs frères que nous croisons ou auxquels nous nous amarrons aux escales.

Nos  cabines se situent au pont deux, c’est à dire près de l’eau, ce que nous apprécions. Chaque pont a sa cursive, qui permet de marcher le long du bateau.  Il y a un pont supérieur qui offre des chaises longues, totalement sans intérêt avec le temps que nous avons.

Les cabines sont petites mais fonctionnelles, avec une utilisation rationnelle de tous les espaces. Je n’ai pas de mètre pour mesurer mais disons qu’en largeur si je mets les bras en croix et touche un mur il reste la longueur d’un bras pour toucher l’autre paroi.

En ouvrant la porte on entre dans un «hall» dans lequel il y a une penderie à deux portes, chacune son côté pour suspendre son linge, un tiroir, pour les chaussettes et sous-vêtements, et une tablette. En face, la porte de «la salle de bain». Heureusement le dernier orifice qui donne sur la chambre est garni d’un rideau. Donc quatre portes qui donnent sur un espace d’environ un mètre et quart de large par, peut-être, un et demi de long.

L’ouverture des portes doit donc être orchestrée et réglée comme dans une pièce de Feydeau. Autre léger inconvénient, ni Danielle ni moi ne passons entre le mur et une porte ouverte du placard, mais il faut ouvrir complètement cette porte pour tirer le tiroir. Il faut évidemment frapper avant de sortir de la toilette, plutôt qu’avant d’y entrer, au cas où l’une de nous se trouve dans cet espace

Il y a même un dégagement entre le mur et le placard pour suspendre des vêtements soit trop gros ou mouillés. S’y trouve aussi l’autre miroir sous lequel on peut brancher un séchoir à cheveux,  l’espace sert donc également de salon de coiffure.  Ai-je besoin de dire que tous ces constats et adaptations se font dans des fous rires.

La salle de «bain» n’étonnera pas ceux qui ont l’habitude des lieux exigus. Il s’agit d’une coque de fibre de verre d’une longueur de mes bras en croix et mon bras en fait la largeur. À une extrémité le trône à l’autre le lavabo, sans siphon, et entre les deux un tapis ajouré et un drain sous le lavabo. Au-dessus du lavabo un douche téléphone mobile autour d’un axe et  un rideau de douche qui isole la toilette et la porte. Tout y est, et finalement on lave le plancher en prenant sa douche.

Les couchettes simples, fixées au mur, dont une est surmontée d’une tablette, sont séparées à la tête par un petit frigo sous une table. La fenêtre est grande, peut s’ouvrir mais est difficile à fermer. Une personne de six pieds, couchant en cuillère aurait des bouts qui dépasseraient. Mais, en se plaçant judicieusement, on peut même se chausser en même temps. Nous ne passons que très peu de temps dans la cabine.

L’isolation laisse plus qu’à désirer, puisqu’on entend les conversations, pour ne pas dire les ronflements et quintes de toux, d’une cabine à l’autre et la nuit si la toilette juxtaposée à la nôtre est allumée cela éclaire la nôtre.

Acceuil au bateau

Deux hôtesses

 Les tapis des quatre étages sont d’une couleur différente, ce qui facilite le repérage et l’ensemble du bateau est d’une propreté impeccable

Nous recevons chaque soir dans notre cabine une feuille donnant le programme du lendemain avec, à l’arrière, des explications sur la navigation ou sur les visites programmées. Il y a une escale de plusieurs heures par jour, parfois le matin d’autres fois l’après-midi mais entre temps plein d’activités à bord: cours de russe, histoire de la Russie, démonstration de folklore. Concert ou danse le soir… Quand on n’est pas trop fatiguées.

C’est sans parler des magnifiques repas, souvent à thème le soir : Ukrainien, pirate, Russe où le personnel est déguisé selon le thème. Il y a deux restaurants: Volga où est servi le petit déjeuner buffet pour tous les passagers et où les places ne sont pas désignées et le Néva restaurant-bar-salle-de-danse réservé aux francophones où le « placement fixé » veut dire une table et place désignées pour les repas du midi et du soir

Les tables sont toujours très joliment dressées souvent les nappes et serviettes changent selon le thème de la soirée et les assiettes présentées de façon recherchée, la serveuse mignonne et efficace. En croisière nous choisissons, la veille pour le lendemain, pour le midi et pour le soir, un de trois plats principaux, dont un végétarien, deux entrées et  deux desserts. Accostés il n’y a pas de choix. Mais c’est généralement bon.

En plus des activités culturelles, il y a eu une cérémonie du thé avec gâteaux et petits fours. Mais surtout la dégustation de vodka et caviar, blinis, harengs, salade de choux. Il fallait s’inscrire et payer, mais cela en valait la peine. Il y avait deux sortes de vodka blanche et trois variétés de vodka épicée plus une liqueur. J’aime !  Il y a eu également la visite au poste de commandement. Fini la grande roue de bois, ce sont des instruments électroniques et un petit volant de voiture.

La navigation fluviale est très agréable, on voit les berges, plus nous sommes montés au nord, plus les arbres se sont colorés. Ce sont vraiment des paysages du Québec, moins le rouge. Le point le plus nordique était Kiji mais pour y arriver il a fallu traverser le lac Onega où l’impression de mer s’est fait sentir y compris, vagues, vent fort et roulis.

Le trajet depuis Moscou implique une série considérable  d’écluses, certaines très étroites à peine 50 cms de jeu de chaque côté, d’après notre guide, d’autres pouvant contenir deux bateaux comme le nôtre plus un petit cruiser. Certaines montent les bateaux, d’autres les descendent, c’est assez intéressant.

Nicole et moi venons de recevoir notre diplôme de russe après une table ronde sur la vie en Russie très intéressante à laquelle participaient notre guide Sergey, près de cinquante ans, et trois jeunes, deux filles et notre prof de russe, jeune trentaine au plus. Le clivage générationnel  était évident dans les réponses au public. Sergey est pro Poutine et se sent très libre, il est persuadé que les russes ont tout inventé et se font voler par les chinois et les américains. Les filles ont beaucoup plus de réserves, mais n’ont pas connu les régimes précédents.

Ce soir c’est le dîner du commandant et la tenue de gala est recommandée. Danielle n’a pas envie de se déguiser et ne se sent pas bien. Les trois autres, comme beaucoup de passagers, sortent leurs plus beaux atours apportés spécialement pour l’occasion.

Hélène Tanghe

4babas1La suite et fin de ce journal traitera de St-Petersbourg

Be the first to start a conversation

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s