Jours 5 et 6

 Y arriveront-elles ? La route est encore longue… mais c’est ici que ça se dessinera petit à petit ! Pour en tirer un bien joli tableau…

Jour 5

Lever tôt pour voir l’aurore sur la mer de la fenêtre de la chambre. Des goélands et des canards plongeurs semblent jouer. Aucun bruit, la marée monte et descend sans effet de vague, un seul mouvement continu comme on remplit ou vide une baignoire.

Petit déjeuner devant la mer et départ pour les Jardins de Métis à 10 minutes. Nous sommes tôt, il n’y a encore presque personne ni dans le parking ni dans les sentiers. Ce sera une autre histoire quad nous repartirons a 13:50. Le relief des montagnes est en crète de coq.

Jardins 1

Quelle promenade merveilleuse dans les sentiers bien balisés et encore très fleuris malgré la saison avancée. Il faudrait revenir une fois par saison. Il y a un ruisseau qui sépare le domaine et qu’on traverse souvent par de jolis ponts. Certaines plantes sont identifiées, d’autres pas, mais tout est harmonieux, souvent sauvage en sous-bois, souvent très ordonné pour un jardin anglais, mais jamais rigide.

Il y a aussi bien des plants de fleurs que des couvre-sols, des plantes alpines qu’un potager, beaucoup de travail pour que le tout ait l’air spontané. En ce moment les grands lys  embaument et les phloxes aussi. Nous nous sommes promenées, entre ombrage et soleil, tranquillement tout l’avant-midi, photographiant chaque nouveau décor.

Villa EstavanNous étions les premières convives à arriver à la maison Reford où se situe le restaurant tant vanté dans les dépliants. Nous avons donc eu le choix de la table et l’attention totale du serveur qui nous vante les différents aspects du menu et explique que c’est un menu gastronomique, ce qui sous-entend… parcimonieux.

Le menu est floral, ce qui ne veut pas dire goûteux. Je prends un flétan avec une émulsion de capucines, tomates, grande berce, (ne pas confondre avec la berce du Caucase qui est dangereuse) sur un lit de lentilles bélugas garni de feuilles de capucine.

Danielle choisit le gravelax d’omble chevalier accompagné d’une crème glacée à la moutarde et. comme deuxième entrée des rubans de carottes au fromage aux graines de citrouille fumées et cumin. Le dessert: crémeux de chocolat blanc, mousse de fleur de sureau et meringue à l’eucalyptus, le tout représentant trois petites bouchées, tenant sur une pièce d’un dollar éparses dans une grande assiette.

Pour être bien certain que nous ne soyons pas tentées de donner un peu de saveur à ces plats d’une telle finesse il n’y a ni sel ni poivre sur les tables. Où est la démarcation entre fin et fade ?

Pour finir la promenade nous jetons un coup d’œil aux moutondeuses – (Explication : des moutons, ou brebis qui tondent le gazon. Je crois qu’il y a eu un essai dans un parc à Montréal cet été, ne sais ce qui est arrivé. À en juger par l’enclos où ils sont gardés ce ne taille pas un green de golf. Donc la contraction ou la juxtaposition de mouton et tondeuse donne moutondeuse.)-  et reprenons la route à 13:40, très satisfaites de notre tournée des jardins.

Jardins 4

Moins d’arrêt en route car, à partir de Matane, les villages n’offrent pas autant d’intérêt touristique. Les paysages en montagnes russes deviennent époustouflants. La route essaie de se frayer un chemin entre mer et monts, monte et descend comme bateau en tempête. La géologie est spectaculaire avec ses strates tantôt horizontales, tantôt plissées,  poussées par des forces tectoniques, presqu’à la verticale.

Chaque descente plongeant vers la mer, est à couper le souffle. Et les épilobes roses et mauves ornent encore les fossés. Nous commençons à voir les premières éoliennes et nous nous arrêterons à Cap Chat pour photographier la plus grande éolienne verticale au monde (?).  Sur place, il y avait un car de Chinois (ou autres asiatiques) un peu zombie.

Depuis ce matin, tout est arrêté, le batteur à œuf et les 76 autres éoliennes à palles. C’est la première fois depuis 25 ans, et «il y en a pour une semaine à réparer», m’a expliqué une digne représentante du cercle des fermières qui vendait des catalognes non loin de là.

Nous nous rendons, vous savez où ? À Ste-Anne-des-Monts où nous avons l’intention de dormir. Tout est plein, c’est la longue fin de semaine, mais on nous trouve un motel au Mont St-Pierre, Le Délice. Parfait. Belle vue et sur la mer et sur la montagne. On s’approche de Gaspé.

Nous n’avons pas complètement abdiqué de photographier les églises. Celle de Baie-des-Sables et celle des Méchins, de pierres verdâtres, ont valu quelques clics.

Demain nous devons décider si nous allons au mont Albert ou si nous filons vers le Parc Forion. Vous le saurez en temps et lieu !

Après le repas gastronomique du midi, nous nous arrêtons au Capucin dans un Jos La Frite manger, à deux, une petite frite. Très bonnes. Ce soir j’ai essayé des langues de morues panées. Je n’en avais jamais mangé, il fallait que je tente le coup. C’est dire notre éclectisme culinaire !

À la prochaine !

Les un-peu-moins-escargotes

Jour 6

La baie de Gaspé

La baie de Gaspé

Nous voici arrivées à Gaspé vers 16:40 par un soleil radieux au Motel Adams, réservé depuis le centre d’information de l’Anse à Valleau, le midi. Nous avions l’intention de prendre une croisière en mer pour voir des baleines et souper à bord mais le bateau levait l’ancre à 17:00 et n’offrait plus de repas, le homard se faisant rare.  Mais la seule ballade coûtait 45.00 $.

Nous préférons arpenter, c’est à dire marcher environ dix minutes la rue de la Reine où se trouvent boutiques et restaurants. Tout est fermé dimanche et demain, fête du travail, sauf deux restos. Nous choisissons la Brûlerie du Café des Artistes. Nous aurions dû ne manger que les desserts qui étaient sublimes.

La nuit tombe vite à cette latitude, Gaspé étant légèrement au nord de Rouyn, niveau de Forestville. C’est difficile à imaginer car. pour l’instant, il fait un temps d’été.

La journée a commencé un peu «grisounette», mais avec un appel de bleu à l’horizon. Donc, départ vers 10:00 de Mont St-Pierre pour un premier arrêt à l’église de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, de briques jaunes, datant de 1951 où la messe est en cours de célébration. Photo furtive pendant l’office. C’est à peine à plus de dix minutes après notre départ.

Mais Dieu n’a pas dû aimer que je le dérange car, à peine sorties du village, la PP nous arrête pour excès de vitesse: 64 Km dans une zone de 50. Contravention de 68$ parce qu’il a été gentil et n’a pas retenu les 74 Km qu’il a enregistrés aussi.

À part le côté alimentaire qui n’a pas été un succès ni à midi ni ce soir, sauf les desserts, tout le reste de la journée a été tout à fait éblouissant. Nous avons choisi de ne pas aller par la route de gravier jusqu’au Mont Albert mais, plutôt de passer plus de temps au parc Forillon.

Le parc Forillon

Le parc Forillon

Une autre église à Sainte-Madeleine nous a retenues avec ses cadrages saumon et ses murs blancs. Son clocher différent. Une petite affiche avec le chiffre 100 à la porte est peut-être une date de consécration.

Mais le spectacle de cette journée a été offert par les montagnes et leurs rochers tourmentés que nous avons photographiés, autant que possible, mais il y en avait tellement ! À Gros-Morne, c’était comme un hoquet de sanglot.

Avec une alternance quasi régulière sur certains pans de montagne il y a une bande végétalisée verte et une bande d’éboulis presque noire, comme si c’était voulu dans le décor.  Ailleurs, c’est un mélange  de feuillus et de conifères en camaïeu de verts en ce moment, mais qui doit être splendide en automne. Les épinettes forment une frange ajourée au sommet des montagnes. D’autres sont couronnées d’éoliennes très lymphatiques.

La route tortillarde avec des plongées vertigineuses vers la mer et des montées raides  en lacets qui bloquent les tympans. À chaque détour un éblouissement. Le soleil joue au follow spot et choisit ses scènes. On aperçoit un bateau au loin en mer et, encore plus loin, une petite ligne bleue pervenche qui est la ligne de montagne de l’autre rive.

Arrêt au centre d’information de Grande Vallée où je demande où retrouver un ami qui y a sa maison. Il a quitté depuis deux ans et c’est son fils qui garde «le domaine».  Dommage, j’ai connu Jacques quand j’avais 16 ans l’ai très peu revu depuis, mais ces quelques dernières années il m’appelait quand il venait passer l’hiver à Montréal, il m’a souvent parlé de sa maison qu’il a bâtie lui-même à partir de bois de grève.

Dans le village nous allons voir le pont couvert qui a été transporté sur la terre ferme pour solidifier sa base et visite au centre d’artisanat.

Cloridorme ! Quel vilain nom pour remplacer, au moment de la fusion, Pointe-à-la-Frégate, Petite-Anse et Saint-Yvon !

Nous optons pour traverser la péninsule du Parc Forillon de Cap-des-Rosiers à Cap-aux-Os et de n’y entrer que sur la rive sud. Magnifique! Nous longeons la baie de Gaspé jusqu’à Grande-Grave où nous voyons rentrer le bateau allé faire une visite aux baleines. Ça tangue et roule passablement pour entrer dans l’étroit passage qui donne accès au port, mais le bateau passe.

Nous roulons jusqu’où c’est possible d’aller en voiture. Nous ne sommes plus «jambées» pour faire de la marche, même si les sentiers semblent bien larges et entretenus. De l’auto nous admirons les paysages, la mer, luisante comme du mercure, et le cirque de montagnes qui enserrent la baie.

Et nous voilà encore éblouies, prêtes à reprendre la route demain vers la Baie-des-Chaleurs, non sans un clic au Rocher Percé. Il faut commencer à devenir des hases si nous voulons rentrer à temps…

À demain, bonne fête du travail !

Les désormais Hases

Whale breaching

Une baleine passait par là…