Jour 8

 

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   Suite et fin d’un bien joli périple finement raconté par Hélène Tanghe

Jour 8

Une crêpe fine, farcie de fruits frais, nous prépare pour le trajet de Carleton-sur-Mer à Trois-Pistoles où nous sommes revenues coucher, cette fois-ci, dans le Motel Trois-Pistoles.

C’est d’ici que je vous écris ce dernier récit de voyage, bien calée dans un fauteuil de bois blanc, devant le Fleuve, précédé de champs dorés et de bosquets de résineux, coupé par l’Île Verte et encadré par une chaîne de montagnes, à peine plus bleue que le ciel et l’eau que souligne une vapeur évanescente.

L'Île Verte, au loin...

L’Île Verte, au loin…

Il fait très chaud. Seule une petite brise permet de tolérer le soleil pourtant sur son déclin, comme nous-mêmes sommes à la fin de ce voyage. Demain, retour direct à la maison, quelle que soit l’heure, pas de motel «complet» à craindre.

De peur de souffrir du syndrome de Florence, où Stendhal avait vu trop de beauté, nous en  avons nous-même tellement vu en Gaspésie que nous évitons d’en être atteintes !

D’ailleurs,  tous les indices indiquant la fin du voyage nous sautent aux yeux: le tube de dentifrice de courte durée est ratapla alors que la pochette de lessive se gonfle, les vêtements, fatigués d’être coincés dans une valise, sont avachis et le contenant de pilules pour la durée du séjour est presque vide et ridiculement gros.

Mais, avant d’entamer le retour par la très belle Vallée de la Matapedia, nous avons, grâce aux conseils

Fossile dans le Parc de la Miguasha

Fossile dans le Parc de la Miguasha

d’une amie, visité le parc de la Miguasha.  Le centre d’interprétation des recherches de fossiles de l’ère devonienne (des poissons), extrêmement intéressant, pédagogique, bien organisé.  Ça vaut le léger détour et chaque minute qu’on y passe. Ce n’est pas parce qu’on oublie les dates et les noms des fossiles en sortant qu’on n’a rien appris sur l’origine marine de l’homme. Tant pis pour les détracteurs de Darwin.

Les épilobes nous ont  quittées mais nous retrouvons, pour colorer la route de la Vallee de la Matapedia, des terres rouges, des champs fauchés brun chocolat, comme je n’en ai jamais vus, des chaînes de montagnes encore toutes vertes, au profil de dessins d’enfants. Parmi tous les paysages de notre périple les montagnes ont été très présentes, mais je n’ai pas su leurs noms. Qui est Chic-Chocs ? Appalaches ? Notre-Dame ? Ou autre !

La vallée de la Matépédia

La vallée de la Matépédia

Depuis hier, les centres d’information, où nous trouvions les petits guides indispensables et autre documentation et service d’accueil, sont soit complètement fermés, soit ont des heures d’ouverture beaucoup plus courtes (fermeture à  16:00). Par contre, il est beaucoup plus facile de trouver à se loger.

D’ailleurs, contrairement à nos préjugés, nous constatons que la petite auberge n’est pas toujours plus agréable que le motel. Il y a du très bon dans les deux formules et tout dépend des lieux et de nos besoins. Par exemple, pour nous, une chambre à deux lits, plus rare dans les auberges. Certaines auberges ont offert des petits déjeuners remarquables, mais un des motels avait une salle de bain digne d’un magazine de décoration.

Pour ceux et celles qui, à raison, reconnaissent mon don pour apporter le beau temps, aucune surprise qu’à ce jour nous n’ayons eu de pluie que pour faire un arc-en-ciel. Avis aux intéressés, il suffit de m’amener pour avoir soleil et chaleur souhaitables !

Nous rentrons heureuses et enchantées de notre escapade, à refaire. Pour moi, juste du bonheur, puisque c’est Danielle qui a conduit tout au long, je n’avais donc qu’à me gaver de chaque image et tenter de vous les transmettre en mots.

Merci de nous avoir lues,

Hélène et Danielle

P.S. Je viens de manger, dans un restaurant sans âme d’ centre commercial, la meilleure morue du voyage avec des frites maison. Un autre préjugé à corriger.

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