Jour 7

Tout en improvisant, elles sont allées jusqu’au bout de leur rêve…

Jour 7

Avant de quitter Gaspé, nous sommes allées visiter Gespeg, nom d’origine du site Micmac que les Français ont transformé en Gaspé. Il s’agit de reconstitutions d’habitats d’avant l’arrivée des blancs, qui n’étaient pas d’abord français, mais Basques, Espagnols et préalablement Vikings, tous venus pêcher la morue et le saumon «si abondant qu’on traversait la rivière à sec sur leur dos!».

gespeg

Wigwam ou tipi ?

Ce sont les Iroquois, ennemis des Micmacs, qui ont accueilli Jacques Cartier parce qu’ils étaient venus en expédition dans le territoire Micmac. Le guide du site, aux yeux clairs parce que sa mère est d’origine anglo-normande, élevé à Pointe-aux-Trembles et Westmount (une autre forme de réserve) a une très grande faconde et veut faire aimer son peuple, ce qui est très normal.

Suivent le guide avec moi, bien sûr des Français qui, je crois, ne comprennent pas les allusions historiques très locales, mais sont intéressés.  Je ne fais qu’une petite partie du parcours mais j’apprends. La langue micmac est pratiquement disparue mais il reste plusieurs communautés, beaucoup dans les Maritimes et quelques-unes dans l’est du Québec. Les Micmacs font partie de de la grande famille algonquine, venue d’Asie, qui s’est répandue jusqu’au Mexique et dans les prairies.

Le site comprend des wigwams (ne pas confondre avec des tipis.) formés de bâtons  entrecroisés au sommet et couverts d’écorce de bouleau. Les structures de bois restaient sur place, soit dans les lieux de pêche, soit dans les hivernages en forêt, et les familles retournaient aux mêmes endroits d’année en année. En quittant un site, les femmes roulaient les écorce de bouleau et les réinstallaient au nouveau campement. Il y avait des fumoirs, des grandes tentes, et chacune avait sa fonction.

Après les Micmac, nous avons quitté Gaspé vers Percé  à 11:00. Le trajet est beau, la route large et relativement droite comparativement à hier. Les montagnes à l’horizon semblent ondulées ou gaufrées comme les fraises des courtisans élisabéthains.

Un peu avant Barachois, nous apercevons au loin le rocher Percé et l’île Bonaventure. Étonnamment, il n’y a pas d’observatoire prévu pour capter ces images. Tout au long du voyage nous avons déploré le manque d’élargissements de la route qui permettraient d’arrêter pour  observer les magnifiques paysages. Le plus surprenant c’est que, quand il y en a un d’annoncé et construit, le paysage n’est pas le plus beau de ce bout de route. Il en faudrait beaucoup plus tellement certaines vues sont spectaculaires.

perce-moyen

Nous approchons de Percé et savons que nous allons avoir un coup d’œil  remarquable sur le rocher mais nous ne savons pas quand. Une affiche annonce l’auberge du Pic de l’Aurore et au tournant, sans avertissement, bang il est là dans toute sa force massive, ocre, cachant encore pudiquement sa dent et son nouveau trou. Et la route continue comme si de rien n’était, sans un dégagement pour arrêter, absorber le choc, admirer cette vue de haut.

Entrées dans Percé nous cherchons un restaurant, car l’arrêt au centre d’information n’a rien donné. Nous optons pour Aux mille délices, terrasse qui aurait une vue parfaite, si ce n’était de la boutique de souvenirs qui bloque tout. Mais, cette fois, les joues de morue sont très bonne et la salade César aussi. La salade de crevette de Danielle lui plaît.

Quelques pas au bord de l’eau permettent de faire les inévitables photos carte-postale  du morceau de vieux cheddar marbré qui trône au milieu de la baie, et nous voilà en route pour Carleton-sur-mer où nous voulons dormir.

Le trajet longe la mer scintillante, festonnée de baies, d’anses, de criques et de caps. Au loin, à partir de eoliennesNew Richmond, nous retrouvons les éoliennes sur les crêtes des montagnes bleu sarcelle qui semblent ne former qu’une ligne continue.

Le soleil n’a aucune compétition et il fait 26. Depuis Percé nous sommes sur la même 132 mais cette fois direction ouest, signe déjà du retour. À Maria la route est au niveau de la mer et seule la plage nous en sépare. Des gens se baignent, c’est vraiment la baie des chaleurs. Une légère brume sur l’eau donne une ambiance onirique au décor.

Arrivées à Carleton-sur-Mer, nous cherchons des gîtes, le bureau d’information est fermé, donc nous devons trouver nous-même. Nous allons d’abord à un gîte qui n’a qu’une chambre à un lit. Il n’y a pas beaucoup de choix de gîtes,  mais il y a des motels. Nous choisissons l’Auberge Océane qui a deux très grand lits et une belle vue mais un escalier extérieur à monter.

Souper au bord de la mer au restaurant Le Marin d’eau douce. Un coucher de soleil presque trop coloré suivi d’un croissant de lune rose accompagnent notre repas de saumon à l’amérindienne, délicieux avec un goût léger d’érable.

Demain, nous retournons par la Matapédia jusqu’à Mont-Joli et prendrons mercredi (ou avant) la 20 jusqu’à Varennes.

Voilà, voilà, un beau voyage, un beau voyaaaaage…  en Gaspésie, à la mode de Charles Trenet.

Les cavales qui commencent à sentir l’écurie

kamouraska