Étapes 5 et 6

Marocpluspetit

Plus enthousiastes que jamais, nos gazelles découvrent non seulement la mythique Marrakech mais aussi Essaouira, là où les chèvres grimpent aux arganiers, ces arbres dont les fruits garantissent une jeunesse éternelle…

Gazellesenlong

Les noms des gazelles se lisent  ici de droite à gauche, comme l’écriture arabe :
Madeleine Barath-Bouverot, vit à Claix près de Grenoble, a été bibliothécaire et directrice de l’Université du Troisième âge à Grenoble, maintenant retraitée.
Danielle Raymond, radiologiste, vit à Montréal, (pas encore retraitée, mais ça vient !)
Hélène Tanghe, journaliste, éditrice et représentante, vit à Varennes, retraitée

ÉTAPE 5

Marrakech

Autant le voyage d’hier s’est fait assis en voiture à regarder défiler le paysage, mais quand même fatigant, autant la journée d’aujourd’hui dans Marrakech s’est déroulée à pied, encore plus fatigante je dirais, mais intéressante.

Nous avons eu comme guide Saad, un érudit bavard, n’hésitant pas une seconde à partager abondamment son savoir. Nous étions avec les deux autres Québécoises, plus jeunes, et peut-être que leur formation ne les préparait pas à ce flux verbal. Danielle, pas trop en forme, Madeleine et moi ressentant une certaine fatigue, je crains que Saad n’ait pas perçu la lassitude de certaines.

La Menara

Nous nous sommes d’abord rendues à la Menara, une longue allée au milieu d’une oliveraie centenaire menant à un bassin recevant, depuis des siècles, l’eau du Haut-Atlas dont les montagnes bleues se découpent à l’horizon. L’eau est acheminée par des canaux souterrains au bassin boueux où s’agitent quelques carpes à qui on donne du pain.

Un bâtiment se mire dans l’étang. Oubliez complètement le Taj Mahal…  Cette longue promenade a permis à Saad, qui s’arrêtait fréquemment pour bien avoir toute notre attention, de nous démontrer qu’il connaissait bien l’histoire de France, entre autres.

De cette allée on aperçoit la Koutoubia, qui veut dire «tour des libraires» puisque on exerçait cette profession à ses pieds. Le dégagement permettant cette vue a été pratiqué selon les plans d’un ingénieur français amené par Lyautey au début du XXe siècle.

En visitant le Mausolée des Sultans, des princesses et des épouses et ses décors luxueux, nous avons aussi appris les rituels mortuaires islamiques. Le corps doit être enveloppé de trois linceuls et couché sur le côté pour que son visage soit orienté vers la Mecque. Il doit être inhumé en moins de 24 heures.

Un grand Vizir de légende

Le grand Vizir – sorte de premier ministre – voulant favoriser la succession de la dynastie alaouite, a mis sur le trône le jeune prince héritier de douze ans puis, en tant que régent, s’est fait construire un palais. Une partie servait à loger ses quatre épouses légitimes et ses 24 concubines. Il s’agit d’un monument de la fin du XIXe mais décoré à la manière traditionnelle, sauf une partie qui vient d’être restaurée de façon catastrophique, au point de nous en étonner.

Le palais comporte également un haras, un hammam et une partie pour le Vizir lui-même, lieu qu’on ne peut visiter. La favorite des femmes légitimes, la Bahia, avait droit à une chambre différente, très jolie. Les pièces cherchaient à reproduire le style des villes andalouses, Cordoue, Grenade ou Séville. Les patios avec des fontaines, oui, mais sans végétation. En ce moment il y a, dans les différentes pièces, une intéressante exposition d’art moderne.

Charmeur de serpent sur la place Jemâa el Fna

La destination finale était la place Djemâa el Fna. Nous en avions déjà plein les pattes, nous les douairières, mais pour s’y rendre il fallait encore traverser les souks de la Médina, abrutissants des ronflements des mobylettes et scooters, de monde, de marchands, d’odeurs. Si bien qu’arrivées à destination nous n’avions qu’une envie, celle de nous assoir au café et surtout de ne pas retourner dans les souks.

L’ensemble de la ville nouvelle est propre, moderne, d’un rose terra-cota très joyeux, avec de grandes avenues. La Médina, ancienne ville entourée de murailles, de la même couleur, est agréable tant qu’on n’entre pas dans la partie achalandée des souks. Je ne comprends pas pourquoi les engins motorisés y sont autorisés, les petits ânes par contre sont parfaits dans le décor…

Après cette journée remplie de pertes de temps mais aussi de jolis décors, nous sommes rentrées avec délice dans notre Riad enchanteur, calme oasis dans cette Médina assourdissante.

À force d’avoir des explications sur le sens du mot Riad, j’en conclus qu’il s’agit d’une grande maison, normalement dans la Médina, avec un jardin au centre, y compris une fontaine ou un bassin.  Atrium pour les latins ou patio pour les espagnols, ici ce jardin s’appellerait Riad.

Par contre, nous sommes allées dans plusieurs restaurants désignés comme  « Riads » où il n’y avait pas de jardin, mais des décors très élaborés et de grands divans. Peu importe le nom, notre jardin comprend un bougainvillier en fleurs, quatre autres arbres et un oranger d’oranges amères ou bigaradier. Notre chambre s’ouvre sur un balcon donnant sur ce jardin où volent et chantent des oiseaux. La chambre de Danielle donne sur une autre cour intérieure.

Les repas ici ont été les meilleurs du voyage, tant hier soir avec des coquelets en tajine et un dessert sublime, que ce matin, avec des crêpes exceptionnelles et une abondance de produits comme toujours au Maroc.

Demain, départ très tôt pour Essaouira où notre adorable Zacaria va nous abandonner.

Le seul bruit de la ville qui nous atteint vers cinq heures  est l’appel à la prière psalmodié par le muezzin…
Les gazelles fourbues

ÉTAPE 6

Marrakech – Essaouira

Départ tôt hier matin de Marrakech pour un trajet de deux heures trente par une route droite et plate, dans tous les sens du terme puisque nous tenons  pour acquis les sommets enneigés du Haut Atlas, les oliveraies argentées, les troupeaux de moutons et de chèvres et les ânons si attachants qui ponctuent tous les trajets hors des villes et même dans les villes.

chèvre et arganier

Seule nouveauté: un arrêt photo obligatoire et planifié pour 20Dh, afin d’immortaliser les chèvres juchées dans un arganier dont les fruits donnent une huile reconnue pour ses vertus quasi miraculeuses  en matière de beauté. La légende voudrait que les chèvres raffolent de ce fruit, grimpent pour les manger puis rejettent les noyaux que les femmes ramassent pour les transformer en pâtes, huile, etc. C’est la fameuse huile d’argan.

En fait, les seules chèvres dans les arbres que nous ayons vues sont celles posant docilement pour la photo, pourtant il y a là des kilomètres d’arganiers dont les fruits, à peine plus gros, sont sans doute récoltés comme les olives. Il faut les faire sécher plusieurs mois pour qu’ils deviennent comme une noix.

La coopérative de femmes, veuves ou dans le besoin, que nous avons visitée, illustre la façon artisanale de fabriquer les

Huile d'argan

différents produits: une ouvrière enlève la première écale,  qui enveloppait le fruit avant le séchage (on donne ces écales à manger aux chèvres qui n’ont plus à grimper aux arbres pour se nourrir, seulement se faire tirer le portrait). L’ouvrière suivante casse habilement le noyau avec une pierre pour y trouver deux petites amandes grosses comme un pépin de melon.

Ces amandes sont ensuite broyées à l’aide d’une petite meule tournée à la main  pour produire une pâte dont elles font une sorte de beurre d’arachide en y incorporant d’autres ingrédients ou bien la pâte est de nouveau pressée dans un moule en pierre pour en extraire de l’huile. Toutes ces étapes folkloriques et traditionnelles sont forcément photogéniques et une amorce géniale pour amener les touristes à acheter tous ces petits pots aux miraculeuses vertus. Nous avons bien entendu succombé et, depuis, attendons patiemment les résultats promis.

L’arrivée à Essaouira, qu’on aperçoit d’abord au loin comme un trait blanc en bordure de l’océan, est spectaculaire. Pour économiser nos pas, Zacaria nous confie, dès l’arrivée, à Abdoullah, grand et beau Berbère, aux yeux d’un vert à faire rêver de péché, qui nous fait visiter la ville pendant que Zacaria se charge de porter nos valises et paquets au Riad, inaccessible en voiture. Pour nous éviter les escaliers du Riad, sans ascenseur,  il demande que nos chambres soient au premier. Nous avons été comblées.

Essaouira

Avec Abdoullah, nous visitons le port avec ses barques de bois bleu regroupées dans la partie protégées du port,  le chantier naval, ou trois barques en construction nous ont permis de voir l’évolution des travaux. Elles sont conçues obligatoirement par un ingénieur spécialisé et construites sur place entièrement à la main avec des bois spécifiques: eucalyptus, teck, acajou.

Toujours dans une autre partie du port, la visite du marché de poissons, avec plus d’espèces que je n’en ai jamais vues. Les longs congres aux écailles décorées de motifs, comme celles d’un serpent, côtoient les harengs, sardines, bar et daurades où se faufilent les homards, langoustes et autres crevettes encore vivantes. Des dizaines de mètres d’étals se succèdent,  tous présentés avec recherche.

Le port est en travaux d’agrandissement avec pépines et tas de sable, ce qui incite fortement à changer de décor. Laissant derrière nous la longue jetée et les tours construites sous l’occupation française, nous entrons dans la Médina. Celle-ci, avec des axes principaux larges et ensoleillés qui ont été traces par un ingénieur français prisonnier du sultan, pour en assurer la sécurité. Bien sûr subsistent les rues tortueuses du souk, semblable à tous les autres.

Mais le comble du bonheur a été atteint en arrivant au Riad, d’une décoration et d’un raffinement exquis et dont les

Zelliges, typiques du Maroc...

zélliges, contrairement à l’hôtel de Fès, sont harmonieuses et discrètes. Entrées dans nos chambres, c’est l’éblouissement: deux fenêtres donnant directement sur la mer qui lèche avec force écume les rochers qui protègent du grand large et vient se butter à nos pieds. Le rêve !

Le restaurant où nous avons pris dîner et petit déjeuner est sur la terrasse du 4e, avec un mur complètement vitré d’où j’ai vu se lever la pleine lune orange. Évidemment,  la délicieuse tajine était au poisson et les traditionnelles tranches d’orange saupoudrées de cannelle que nous avons eues à presque tous les repas, savoureuses mais manquant un peu d’originalité à la fin, ont été remplacées par une succulente salade de fruits. Nous sommes comblées

Le voyage officiel est terminé, mais nous avions eu la bonne idée de prolonger jusqu’au 26, jour horrible où il faudra nous arracher à ce paradis et quitter à 5:00 pour Marrakech et finalement arriver à Dorval.  Inch’Allah !

Les gazelles envoûtées et avec quelques coups de soleil !
(À suivre pour la conclusion)

Quelques renseignements utiles..

L’agence de voyage :
Voyages Cinquième Saison,
30 avenue de l’Épée, Outremont Qc. H2V 3S9
Tel. 514-270-1237 –  poste 2229
Agente : Marie-Carmen Voss
carmen@cinquiemesaison.com

Le voyagiste:
VISITEMAROC
6662 rue St-Denis, bureau F, Montréal, Qc  H2S 2R9
Tel. 514-906-1440

infp@visitemaroc.ca
Site web :  www.visitemaroc.ca