Étapes 3 et 4

 

Les gazelles 3petite

 

Le périple marocain des trois gazelles se poursuit. Elles entrent petit à petit dans le cœur du pays et, du coup, le leur bat un peu plus vite.
Elles sont séduites…

Les noms des gazelles se lisent  ici de droite à gauche, comme l’écriture arabe :
Madeleine Barath-Bouverot, vit à Claix près de Grenoble, a été bibliothécaire et directrice de l’Université du Troisième âge à Grenoble, maintenant retraitée.
Danielle Raymond, radiologiste, vit à Montréal, (pas encore retraitée, mais ça vient !)
Hélène Tanghe, journaliste, éditrice et représentante, vit à Varennes, retraitée
et Zacaria dit «Zac», leur chauffeur et accompagnateur.

Étape 3

Fès/Volubilis/Meknes

Il a fait tellement beau et exceptionnellement chaud hier que je n’ai pas cru bon d’en parler, mais il y a aussi des jours gris ici et même de la pluie, comme aujourd’hui par exemple, ce qui n’a pas empêché de faire une excursion extraordinaire à Volubilis, ville romaine du IIe siècle après J-C, très étendue et encore enfouie aux trois quarts.

Volubilis 3

Une des nombreuses mosaïques de Volubilis

Il s’agit évidemment de fondations et surtout de mosaïques très bien conservées et encore à l’air libre, certaines colonnes sont encore debout, l’arc de triomphe reconstruit de même que le mur du Palais de justice et de la Bourse de commerce plus tard transformés en cathédrales au moment de la christianisation des romains. Beaucoup de ces immeubles ont été détruits lors du tremblement de terre de Lisbonne de 1755.

Heureusement, à cette saison-ci, les fleurs sauvages explosent: les soucis orange côtoient les bourraches bleu violacé, la menthe sauvage, les pissenlits éclatants, mais surtout les volubilis bleu tendre, sorte de liseron ou belle de jour sauvage, dont l’abondance a inspiré les romains pour nommer leur nouvelle ville. Toutes ces fleurs ont mis joie et lumière dans ces vieilles pierres, et seront disparues d’ici un mois. Par ailleurs, le ciel gris nous a évité de cuire dans cet espace sans arbre.

Il est remarquable de voir que les Romains avaient non seulement le chauffage central et les aqueducs, mais un système écologique de gestion de l’eau communale : le matin les animaux boivent dans un grand bassin, après les femmes y font la lessive dans la même eau qui est ensuite évacuée pour irriguer les champs. Ils avaient inventé les portes coulissantes et montantes faites de petites lattes s’enroulant sur un axe.

Pour nous faire vivre à l’époque romaine, le guide Abdul, petit vieillard sec à la peau burinée et à l’œil vif sur un sourire aux dents chaotiques, lui-même issu de l’histoire avec sa djellaba aux larges rayures noires et brunes et son chapeau de paille.

De Fès à Volubilis déjà la route nationale est un enchantement de paysages de montagnes cultivées jusqu’aux sommets à la main par des gens en petits groupes, binant et sarclant comme dans un potager de maison ou guidant entre les rangs un soc primitif tire par un âne. Nous n’avons vu qu’un tracteur de tout le trajet, mais tout est impeccable. Tout à coup un champ de coquelicots a éclaté dans le camaïeu de verts.

Fleurs des champs

À peine avions nous regagné le minibus que la pluie nous a accompagnées jusqu’au restaurant de Meknes.

Depuis notre arrivée au Maroc, nous n’étions  entrées dans aucun édifice mais avions «visité» et photographié mille et une portes, de tous les âges et de toutes fonctions. Mais à Meknes, guidées par Djemillah, guide-conteuse pleine d’humour, nous avons exploré les greniers immenses où le roi Idris, d’origine arabe, craignant les Berbères et un assaut de la ville, accumulait du grain et du fourrage pour des années à venir.

Cet édifice composé de voûtes  hautes comme des cathédrales destiné au foin pouvant nourrir 3400 chevaux de l’armée et de plus petits espaces attenants pour le blé de leurs 3400 cavaliers, sans parler de la population en général. Impressionnant édifice assez bien rénové où les voûtes gardent les traces des roseaux qui formaient la charpente d’origine.

La pluie a cessé quand nous sommes arrivées aux écuries attenantes, maintenant sans toit, où les arcs et colonnes de torchis résistent aux intempéries depuis le IXe siècle. Encore une fois c’est l’immensité du lieu et l’ingéniosité de l’époque qui fascine. Les chevaux étaient attachés par quatre sous les arches, deux de chaque côté. En se tenant au centre d’une arche un garde pouvait surveiller les chevaux de six axes de colonnades. Il a fallu le travail de 80 000 esclaves pour mener à bien cet énorme projet en dix ans

Nous quittons mercredi tôt cet hôtel Pick Albatros, un peu encombré de zelliges, sorte de mosaïque typiquement marocaine et de stucs, de bon goût malgré tout. Destination Marakech.

Les Gazelles clopinantes

ÉTAPE 4

Fès/Béni Mellal/Marrakech

Erratum: dans ma dernière chronique j’ai écrit qu’il y avait 3200 chevaux et autant de cavaliers. En réalité, c’était           12 000 de chacun. J’avais dû,  dans ma tête,  marchander le nombre de montures comme nous le faisons pour abaisser le prix de ce qu’on achète! Ces cavaliers étaient forcés de s’accoupler avec des femmes choisies pour eux afin d’avoir des mâles et de perpétuer la race, eugénisme avant l’heure, pour que les enfants héritent de la charge du père. Pendant la visite de Volubilis, Abdul nous a fait rire avec son expression de «gazelle à cagnotte». Vous avez bien sûr compris qu’il s’agit des prostituées !

DrapeauLe roi est venu en même temps que nous à Fès ce qui nous a valu beaucoup de drapeaux le long des autoroutes et des contrôles routiers qui se sont prolongés tout au long du trajet et auquel nous avons été soumis une fois. On a l’impression de changer plusieurs fois de pays tout au long du très très long trajet  de huit heures allant de Fès à Marrakech.

Les montagnes du Moyen Atlas sont très différentes, rocailleuses, jonchées de rochers grugés, gris et noirs. Pas de culture, un peu d’élevage. Le Moyen  Atlas est composé d’une succession de cônes semblant isolés les uns des autres. Très «dessinés», presque carton pâte. Dans la région, la forêt est sauvage. Nous arrivons sous la pluie dans le cossu village d’Ifrane, la Suisse du Maroc, aux toits très pentus. Il y neige aujourd’hui et j’ai trouvé bon de remettre mon polaire et Kway par-dessus  deux chandails. Nous sommes à 800 mètres.

La géologie change beaucoup au cours du trajet passant de pierres sédimentaires très stratifiées à du roc quartzique. La terre est d’un rouge très soutenu différent de la couleur du sol autour de Casablanca.

Mais, à peine plus loin, nous voyons des pommiers en fleur, des amandiers roses, et la brume qui s’effiloche au sommet des montagnes sombres de forêt de conifères. C’est le pays des Berbères, nom donné par les Romains aux hommes qui n’étaient pas de la culture dominante, des «barbares» donc, nom qui a donné «berbères».

Âne marocain

Tout au long des trajets en minibus, les exclamations fusent: «regarde à droite le relief, t’as vu l’âne chargé de colza ?  Oh, les moutons! Mon dieu que c’est beau !» Chacune essayant d’identifier plantes et arbres aperçus. Tout est harmonie et beauté ! Certaines parcelles sont clôturées  de cactus à palettes ou d’agaves bleutées. Les nids de cigognes coiffent les toits de maisons.

Après avoir tourné en lacets dans les montagnes nous sommes descendues pour contempler une immense plaine bordée d’orangeraies et de vergers de clémentines s’étendant sur des kilomètres. Leur parfum envahissait par bouffées notre minibus.

Les nombreux chantiers de construction, aussi bien routiers que résidentiels, mettraient l’eau à la bouche des vedettes de la commission Charbonneau. De façon générale, la structure des maisons est de briques creuses ou de parpaing recouvert de crépi. Les maisons individuelles sont souvent de deux étages avec deux garages au rez-de-chaussée qui pourront devenir boutiques au besoin. La ville de Knifra qu’on ne fait que traverser est couleur rouille-saumon fumé.

Un Riad à Marrakech

Depuis l’arrêt technique (le plein et le vide…), beaucoup moins propre qu’ailleurs, le soleil est revenu, donc les pelures sont tombées. Je m’y suis acheté une bague avec une agate grise offerte à 120 dirham que Danielle à négociée pour        20 Dh. Il y avait aussi en vitrine de cette boutique un fossile de nautile de 25kg que Madeleine aurait bien ramené à Bruzon.  Arrivée à Marrakech dans la médina, nous devions quitter le minibus et Zac a fait venir  une voiturette pour apporter nos valises dans un dédale de ruelles jusqu’au Riad. Le havre absolu ! Superbe, tout blanc, d’un goût exquis. Un souper excellent et raffiné, mais on ne risquera pas d’essayer de sortir d’ici sans Zacaria. Demain visite de Marrakech avec un guide et les deux Québécoises aussi clientes de VisiteMaroc que nous croisons systématiquement depuis le début de notre aventure.

Gazelles en délire
(À suivre…)

Quelques renseignements utiles..

L’agence de voyage :
Voyages Cinquième Saison,
30 avenue de l’Épée, Outremont Qc. H2V 3S9
Tel. 514-270-1237 –  poste 2229
Agente : Marie-Carmen Voss
carmen@cinquiemesaison.com

Le voyagiste:
VISITEMAROC
6662 rue St-Denis, bureau F, Montréal, Qc  H2S 2R9
Tel. 514-906-1440

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