Jours 3 et 4

Avec bonheur, Hélène et Danielle improvisent leur périple dans le Bas du Fleuve. Se qualifiant elles-mêmes «d’escargotes», elles ne jurent pas se rendre au bout du bout de la Péninsule dans les temps qu’elles se sont alloués. Attendons voir…

Jour 3 

En quittant La Pocatière pour nous rendre à Saint-Pacôme, hier soir, nous avons subi une violente averse suivie très rapidement d’un magnifique arc-en-ciel complet, aux couleurs vibrantes. Nous l’avons admiré photographié et, finalement, pris comme un signe de chance. J’aime généralement les phénomènes météorologiques

Aujourd’hui, ce qui a été spectaculaire c’est, par un soleil radieux et une chaleur d’été, de voir progressivement se former des embruns au fur et à mesure que la marée avançait sur l’argile chauffée. Plus la mer montait plus le brouillard s’installait, si bien qu’en moins d’une heure on ne voyait plus rien: ni ciel, ni mer et à peine terre.

Embruns sur Kamouraska

Nous étions à Kamouraska. Au centre d’information on nous a recommandé de marcher le long de la mer, ce que j’ai fait. C’était très beau et je regardais la brume effleurer à peine l’eau, de façon nonchalante. Danielle avait préféré retourner chercher la voiture et venir me cueillir le long de cette promenade. Bien apprécié d’être en voiture pour remonter la pente raide du bout du chemin.

Le vent fort devenait de plus en plus frais. Nous voulions dîner sur la terrasse que nous avions remarquée plus tôt. La serveuse nous l’a vivement déconseillé et nous avons vu les malheureux qui y étaient, encapuchonnés, foulard autour du cou. Dire que le matin, je m’étais mise en short et sandales et heureuse de l’avoir fait !

Le lunch à L’Amuse bouche, s’est passé dans la purée de pois mais était bon. J’étais contente d’avoir marché avant de manger pendant qu’il faisait beau et frais. La brume danse le cha-cha-cha un souffle en avant deux en arrière. Le vent et le soleil en sont venus à bout.

Avant Kamouraska nous avons traversé le village de Rivière Ouelle, puis nous sommes arrêtées voir l’église de Saint-Denis-de-la Bouteillerie et, sans blague, devant l’église il y a la statue d’un curé «grand apôtre de la tempérance». La Bouteillerie doit se faire pardonner. Parties trop tard de l’auberge le matin, nous n’avons pas visité la maison Chapais, très somptueusement meublée a tenté de nous en convaincre un jeune homme qui y travaille.

Après Kamouraska, la géologie est différente. Il y a des mamelons rocheux où s’accroche une brume laiteuse et les champs, tantôt verts tantôt dorés, leur lèchent les pieds.

Église St-André-de-Kamouraska

Mais le Fleuve reste emmitouflé de brouillard jusqu’à Saint-André où nous visitons la plus vieille église intacte à l’est de Kamouraska, les Anglais ayant brûlé toutes les autres en représailles après la conquête.

C’est le curé Bourgault, neveu des sculpteurs, qui nous la fait visiter avec un autre couple. Le tabernacle est majestueux et les peintures, sauvées de la Révolution française, ont été apportées jusqu’ici.

Si nos arrêts continuent d’être ecclésiaux et que ce qu’on nous racontait est vrai sur les indulgences gagnées à visiter un nombre d’églises les jeudis saints, je vais aller droit au ciel, même si ce n’est pas le bon jour !

Pour la grande fraîcheur ressentie, le Curé dit que cela vient du Saguenay. J’espère qu’elle ne durera pas. Mais dès Notre-Dame-du-Portage, le ciel est d’un bleu méditerranéen et le clocher de l’église s’y détache en finesse.

Nous nous rendons à Trois-Pistoles où, après avoir essayé par téléphone de trouver une auberge au Bic où tout est complet, nous avons décidé de coucher sur place. L’auberge La rose des vents,  juchée sur une hauteur éloignée de Trois Pistoles nous héberge pour la nuit.

Comme pour l’auberge d’hier qu’on ne trouve qu’une fois rendu dans le parking de l’église, il faut faire un acte de foi et suivre les instructions pour arriver jusqu’à celle-ci mais le panorama vaut le détour une fois sur plac

Nous devrons décider, demain, du trajet que nous emprunterons, selon le temps qui nous reste et les fermetures post Fête du Travail.

Auberge La rose des vents

Jour 4

Déjà rendues à la presque fin de cette quatrième journée, pas très avancées en kilométrage mais enchantées de notre cheminement d’escargotes. Si nous ne voyons pas toute la Gaspésie cette année, nous y retournerons sans hésiter.

Il est 16:30 et je suis devant la porte patio de notre Motel Gaspésia. La mer, haute, commence à baisser et les goélands nonchalants rendent hommage au soleil, à 20 pieds de moi. Seul un étoc commence à affleurer. Le soleil est encore chaud.

Nous nous sommes arrêtées tôt pour aller aux jardins de Métis demain matin. Heureusement,  encore une fois aujourd’hui, le Centre d’Information du Quebec, identifié par un ? blanc sur fond bleu, nous a bien conseillées. Quand on part sans préparation, on peut perdre du temps à réparer nos bévues !

Donc il y avait, dans ma tête au départ, deux destinations incontournables: le Bic, dont j’avais gardé un

Le parc du Bic

souvenir extraordinaire lors d’un voyage d’affaire à Rimouski avec mon fils, et les Jardins de Métis, dont j’ai tellement entendu parler. Par contre, leur situation dans le trajet était plus que floue.

Or, après la visite de l’église Notre-Dame-des-Neiges de Trois-Pistoles (4,00$ avec audio-guide) décrite comme de style «éclectique» (en effet on y retrouve de tout, du somptueux et du sans charme…), nous nous sommes dirigées vers Saint-Flavien et, le temps de faire une promenade aller-retour en voiture sur le bord de mer basse, nous allions enfin revoir ce dont j’avais gardé un souvenir précis, me semblait-il, du Bic.

Déception! rien de tel vu de la 132. Nous avions compris que le parc n’était accessible qu’à pied ou en vélo, ce qui ne nous convenait nullement. Comment se fait-il que je ne retrouve pas ce paysage qui me rappelait la Baie d’Hallong et que j’avais vu de la route il y a des années ?

Frustrées nous nous arrêtons à Information Québec de Rimouski pour nous faire dire que le parc est aussi accessible en voiture et on nous fournit un plan. Nous revenons sur nos pas et allons dans le parc jusqu’à la ferme Rioux.

Le dos au soleil et assises à la table à pique-nique, nous regardons, en mangeant, monter tout doucement l’eau qui, dans deux heures, recouvrira les gros cailloux. Le mouvement est imperceptible mais constant. Peu d’oiseaux, juste le calme de l’Anse à l’orignal. L’eau vient maintenant jusqu’au bord où nous nous trouvons.

Ce n’est pas ce que je cherchais, mais agréable quand même. Le site est bien aménagé et dans une ancienne grange des vidéos sont présentés avec des explications sur la faune et la flore. Un membre du personnel vient installer des télescopes pour que nous puissions observer les phoques. Danielle en voit un, moi pas.

Un autre accès,  la Pointe aux épinettes, me permet de retrouver un peu de mes souvenirs. Nous sommes heureuses de cette promenade magnifique.

À Sainte-Luce, nous visitons une des rares églises que nous ayons vues, munie de vitraux colorés qui représentent des scènes religieuses, bien-sûr, mais aussi historiques, comme Jacques Cartier plantant la croix à Gaspé et Marie de l’Incarnation faisant la classe aux Indiens. Cette église en granit est sur un promontoire qui s’avance dans la mer et son cimetière semble vouloir s’y jeter.

Bientôt : les Jardins de Métis

Nous décidons que nous allons essayer d’avancer un peu plus aujourd’hui pour aller dormir à Matane. Mais, heureusement, encore une fois, le Centre d’information touristique, de Mont-Joli cette fois, nous remet sur le bon chemin. Les jardins de Métis sont avant Matane. Nous devons donc dormir à Sainte-Flavie pour être aux jardins demain matin.

Vous aurez compris que si nous tardons tant c’est que nous passons nos journées dans les églises et dans les centres d’information touristique du Québec. Pourtant ils nous fournissent des cartes, des guides mais surtout, les excellents conseils des services d’accueil, nous aident à trouver où loger et quoi voir absolument.

Pour le souper, nous sommes allées voir les statues de Marcel Gagnon qui avancent dans la mer et avons mangé sur place. Je crois que nous aurions été mieux servies et mieux placées pour voir le coucher de soleil sur la mer dans un autre restaurant. La morue était bonne.

Les « escargotes » vous souhaitent une belle journée samedi.

Hélène et Danielle

 

À demain !