MAMAMIE EN QUARANTAINE (2)

Posted on 24 mars 2020

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Lundi 23 mars 2020 et mardi 24

La terre ne tourne plus. Du haut des airs, dans les yeux des astronautes, se dessinent les continents et leurs pays, immobilisés derrière les murs de l’isolement. J’en connais un, innommable, qui doit s’en frotter les mains ! Une seule information circule de l’un à l’autre : une pandémie est née dont les effets sont encore imprévisibles tant leurs nombres ne se comptent plus, une pandémie envahit notre globe, petit à petit. On n’entend plus parler de la guerre en Syrie, ni du conflit israélo palestinien, encore moins des batailles épiques entre Républicains et Démocrates, mais d’une autre forme de combat contre un ennemi invisible et dévastateur. Toutes ces réalités sises hors de nous, de notre petit-grand Québec, ont disparu d’un coup de baguette maléfique pour faire place à pire encore.

Je songeais à cela quand je suis sortie ce matin par temps gris et frais en luttant contre le vent pour me donner l’illusion de renforcer mes jambes en le confrontant de face. N’est-ce pas étrange, en effet ? Il y a quelques jours à peine, nous «roulions sur l’or» du confort et de la prospérité, nous nous vantions de notre taux de chômage réduit comme peau de chagrin, la bourse – si nous y jouions – gonflait nos économies et les rêves de voyage nous amenaient «direct-sur-la-lune», rien de moins !

Nous sommes en isolement dirait M. de La Palice, séparés de nos pairs, de nos familles, de nos amis. Certains le vivent bien, d’autres mal. Ma voisine à qui j’ai passé un coup de fil – cela fait partie de mes résolutions quotidiennes d’entrer en contact avec au moins deux personnes par jour – tourne dans son appartement comme un ours en cage. Un lion plutôt ! Elle se meurt d’ennui tant lui manquent les relations sociales, les parties de cartes, les soupers au Café du TNM avant les spectacles et les concerts, les parties de hockey à la télé, tout ce qui malaxait ses journées pour en créer le bien-être. Du moins le voit-elle ainsi aujourd’hui…

Vrai de vrai, l’horizon est bouché, notre monde est figé et notre malaise est grand. Des changements s’annoncent pour maintenant et pour demain. La réflexion d’aujourd’hui nous concentre sur l’essentiel, une sorte de survie qui est encore bien douce pour chacun de nous si on la compare à celle de bien d’autres. Demain nous conduira peut-être à comprendre que notre terre, telle qu’elle se comportait avant, mériterait qu’on en revoit les modes de fonctionnement, les rapports entre humains, l’entraide dans le beau et large sens du terme. Notre génération et celle de nos enfants en tireront certainement des leçons… Puissent nos arrières petits enfants ne pas oublier les enseignements de ce «surprenant» moment de vie.

Il neige. Routine. L’hiver se poursuit comme toujours en avril. Que le printemps s’attarde un peu nous aiderait tous à respecter les règles de l’enfermement car l’envie de sortir et de se propulser dans le soleil sera alors bien grand. Difficile de résister à son appel, au propre comme au figuré.

Mamamie
lesretraitesflyes@gmail.com

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