De Santiago à Buenos Aires à bord d’un beau grand bateau blanc…

Posted on 8 mai 2019

1



par Hélène Tanghe

C’est la fête pour mes 80 ans et une amie me demande où me conduira mon prochain voyage… Je reviens tout juste d’une splendide croisière sur le Danube et suis allée en Chine au printemps, ma tête est donc vide de projets. Mais spontanément, et sans vraiment réfléchir, je réponds : à Buenos Aires ! En fait, n’ayant jamais dépassé le Yucatan, je me promettais depuis longtemps d’aller en Amérique du Sud.

 

Ma belle-sœur, Diane, avec qui j’ai déjà fait un voyage au Vietnam, il y a quelques années et en Chine quelques mois plus tôt, me répond : «je pars avec toi !» C’est une excellente compagne, bonne voyageuse avec qui je m’entends très bien. Comme un sucre à la crème bien brassé, le projet s’est cristallisé immédiatement. Puis il a évolué : le «quant à faire» s’en mêlant, d’un séjour de quinze jours dans un petit hôtel au centre de la capitale argentine à une croisière de 19 jours de Santiago du Chili vers Buenos Aires !

Comment ? Une publicité à la télévision qui annonce cette croisière,  une amie qui me dit que c’est le plus beau voyage qu’elle ait fait, mon expérience plus que positive des croisières dans les îles grecques, les croisières fluviales sur la Volga, Moscou-St-Petersburg et celle sur le Danube, chacune étant très différente, je suis «vendue» au confort de l’hôtel flottant.

Dans notre. cas, la croisière est organisée par le grossiste Incursions Voyages et par notre agence, Cinquième Saison. Nous avions le choix pour les mêmes destinations d’un autre grossiste, à première vue moins cher, mais, tout bien calculé, la proposition d’Incursion était la plus intéressante.

Depuis des années, je suis acquise au principe des voyages organisés et je compare donc la croisière avec les voyages de groupe, en autocar, où on se déplace d’un hôtel à l’autre tous les jours. La comparaison est en tout point favorable à la croisière, sauf pour le prix. Mais le confort a un coût !

La croisière 

Un grand bateau blanc…

La partie bateau du voyage se fait à bord d’un grand paquebot blanc à la proue ornée d’un éclatant soleil rouge et jaune, le Norwegian Sun, de la compagnie Norwegian Cruise Line (NCL), d’une capacité de 2242 passagers et 906 membres d’équipage y compris les officiers. C’est un hôtel cinq étoiles, au décor sobre et de bon goût, sans obligation de chichi vestimentaire, avec un service en anglais parfaitement stylé, sourires et salutations obligatoires.

Les communications à bord se font donc en anglais mais aussi en allemand et en espagnol. Dans les restaurants, il y a des menus en français. Les passagers viennent des pays latino-américains, surtout d’Argentine et aussi d’Allemagne,  des États-Unis du Canada anglais et de Grande-Bretagne. Le groupe d’Incursion Voyages est québécois de différentes régions et divisé en deux avec chacun une accompagnatrice, deux soeurs Tremblay, Judith et Esther.

Contrairement aux voyages en autocar où on partage les trajets avec les mêmes personnes, les visites et les repas, une fois à bord chacun fait sa vie.  Mais si on veut retrouver des membres des groupes, les soeurs Tremblay font leur 5 à 7 dans le bar Spinacker tout à l’avant du bateau et quatre fois pendant la croisière il y a un souper, facultatif, mais qui permet de rencontrer les membres des deux groupes.

Le bonheur pour nous est, en arrivant à bord, de défaire nos valises de tout ranger dans des meubles adéquats, de nous installer dans une cabine lumineuse très confortable, avec balcon et de ne plus nous soucier des bagages, du transport ou du changement d’hôtels.

Il y avait eu, le lendemain de l’embarquement, une réunion de notre groupe organisé par Esther. Nous étions 28. Chacun devait se présenter. C’est moi la première: Retraitée, j’ai été journaliste, éditrice et j’ai travaillé dans la vente pour l’entreprise de mon fils. Mais, après moi, tous les autres sauf une, maris et femmes, étaient des retraités de l’éducation ! Cela a amené des rires et des retrouvailles après 25-30 ans. Certains avaient pris leur retraite depuis longtemps et continuaient de voyager beaucoup. Nous avons très vite sympathisé avec plusieurs couples de notre groupe et du groupe de Judith.  C’est surtout au moment des excursions en autocar que nous avions l’occasion de les côtoyer et de manger ensemble.

Une des deux grandes salles à manger

Sinon, nous allions dîner de préférence à la grande salle à dîner Seven Seas où les menus sont variés, la cuisine très bonne, même si elle n’est pas toujours à la hauteur des termes un peu ronflants des menus. Aux bars et dans les restaurants l’alcool et les vins à 15,00$US ou moins le verre sont inclus dans le forfait ainsi que les pourboires à bord. C’était une des différences avec l’autre proposition. Ce qui est très cher, toute proportion gardée,  ce sont les communications internet, forfait de 125.00$ pour 250 minutes ou  0,99 $ la minute. Il faut penser à éteindre dès qu’on a fini !

Il y a une autre grande salle à dîner, le Four Seasons, qui a le même menu et un décor analogue au Seven Seas mais qui est, pour nous, moins bien  située dans le bateau. La cafétéria est parfaite pour le petit déjeuner et le lunch. Il y a aussi des restaurants dits de spécialités où il faut réserver et payer un supplément. Nous n’y sommes pas allées.

Entre les repas, on regarde le paysage d’un des ponts du bateau ou de notre balcon, la splendide Cordillère des Andes qui change de forme et de couleur tout le temps, les fjords spectaculaires, les glaciers qui jettent leur glace bleue dans la mer, annoncés depuis la veille, visibles à 7:00 du matin. Tout le monde sur le pont pour les photos, contrairement au Cap Horn,  petit rocher mythique mais pas très spectaculaire.

Une éblouissante apparition

Quand on est en pleine mer, et que le paysage est moins changeant, il y a des jeux organisés, des cours de langue ou de tango ou de pliage de serviette, bref, de quoi se distraire. À moins de vouloir jouer au casino ou magasiner vêtements et bijoux, lire, jouer sur son téléphone ou sa tablette, écrire ou dormir… À partir de 17:00 les différents bars et lounges nous attendent pour l’apéro avec, selon l’endroit, de la musique de chambre, du jazz, du latino ou de la musique populaire.  Triste vie !

Les excursions au Chili

Tout ceci pourrait devenir lassant s’il n’y avait pas les excursions. Le bateau en offre avec des guides anglophones. Incursion en propose six avec guides francophones. Nous les avons toutes prises, «quant à y être, au diable la dépense» ! Inclue dans le forfait il y avait, dès notre descente d’avion, la visite de Santiago au chaud soleil que nous venions chercher. Nous avions prévu le coup en glissant sous nos chandails des T-shirts  et abandonné dans le car les gros souliers pour enfiler des sandales.

Santiago, capitale du Chili

Santiago, capitale du Chili, a un aspect ultra moderne et tend à devenir la capitale sud-américaine des affaires. La «vieille ville» compte peu d’édifices tr

La Moneda

ès anciens, tous ayant été démolis par de fréquents tremblements de terre. Ceux qui restent ont été conçus par des architectes italiens ou français et en gardent la facture.  Il est émouvant de voir la statue de Salvador Allende et la Moneda, toute basse et blanche bordant un très joli parc.

Malgré la fatigue du voyage, Montréal: 3 heures d’attente plus une heure et demie de vol jusqu’à Toronto, Toronto, retard de l’avion nous décollons à 23:00 au lieu de 20:30 pour dix heures trente de vol, plus l’heure d’autocar de l’aéroport à la ville que nous visitons à pied, ce qui donne 36 heures sans dormir,  enfin à l’hôtel nous découvrons le Pisco Sour* pour notre plus grande détente. Nous étions en vacance, au chaud

*Le pisco sour est un cocktail typique de la cuisine sud-américaine à base de pisco et de jus de citron. Le nom de cette boisson provient à la fois du pisco, l’alcool utilisé et sour, mot anglais en référence à l’acidité du jus de citron et des composants édulcorants du cocktail. (Wikepedia)

Mais l’été austral n’est pas ce que nous imaginions. Dès le lendemain, la pluie, la bruine et le brouillard nous empêchent de bien voir Valparaiso et ses maisons colorées accrochées aux falaises comme des moules aux rochers. C’était un des points que je tenais le plus à voir, il a fallu sortir l’imagination  pour la vue d’ensemble, ce que nous allons faire à quelques reprises. Mais nous avons quand même pu parcourir de ses rues piétonnes très en pente ou en escaliers.

Valparaiso comme je ne l’ai pas vue…

Nous longeons la côte et la cordillère maritime jusqu’à San Antonio pour l’embarquement efficace et on lève l’ancre et observons les manœuvres des remorqueurs déplaçant notre paquebot pour le sortir du port. En fin de journée le soleil s’est montré pour un coucher royal. Heureusement, dans les documents préalables,  Incursion nous prévient qu’il faut prévoir des vêtements chauds. Parties de Montréal le 14 février nous avions tout le nécessaire pour observer depuis le pont les fjords et les glaciers.

Au loin : Puerto Montt

En Patagonie, il fait soleil 30 jours par an, nous n’en avons eu que quelques heures, mais à part une excursion à Puerto Montt où il pleuvait, le volcan se mirant dans les eaux du lac n’était que brume… Ailleurs, pour les autres excursions au Chili, il a fait nuageux, un peu de pluie et souvent des percées de soleil. Ce sont des excursions pour voir la nature, des lacs, des forêts et de toutes petites villes charmantes aux architectures variées.

Toutes les guides étaient très informées et prodiguaient beaucoup d’informations sur les divers modes de vie selon les régions et les colonisateurs, une partie allemande une autre du Pays de Galle et d’autres encore. Une fois visitées Punta Arenas, Chili, la ville la plus au sud du continent et Ushuaia, Argentine, la plus au sud sur l’île de la Terre de Feu, nous amorçons la remontée vers le nord et la chaleur.

 

Argentine et Uruguay

Arrivées à Puerto Madryn, Argentine, nous parcourons en autocar des kilomètres de steppe, terre plate au sol gris et végétation rabougrie jusqu’à l’infini où vivent  moutons, lièvres, guanacos, sorte de lamas, et quelques gauchos, pour aller marcher sur des passerelles et sentiers balisés afin de voir la colonie de manchots de Magellan. Ils mesurent 30 cm de haut ne sont absolument pas farouches, ont priorité s’ils empruntent les sentiers il faut s’arrêter et les laisser aller où ils veulent. Ils creusent leurs nids parfois collés sur les sentiers. Nous marchons jusqu’à la mer pour les voir se baigner Il fait beau, shorts et T-shirts sont de mise.

Les manchots de Magellan

Montevideo et sa Rambla

Nous quittons la nature et la mer pour les deux dernières villes. Mon coup de foudre auquel je ne m’attendais pas, est Montevideo.  L’Uruguay, c’est la Suisse de l’Amérique du Sud, les fortunes des autres pays viennent s’y réfugier. Riche, calme, ordonnée, propre socialement progressiste. À Montevideo, la Rambla, large comme une rue, en pierre rose, longe sur des kilomètres la plage et le Rio Tinto. C’est la promenade où se retrouve tout le monde après le travail ou les jours de

congé pour boire un maté, sorte de thé, avec une paille en métal qui fait aussi office de passoire pour en retenir les feuilles. La vie y est très chère, mais c’est très agréable et fort beau.

Par contraste, Buenos Aires est la grande ville agitée, d’allure européenne, très étendue, avec ses musées, théâtres, sa cathédrale et son parlement, la police partout. Nous y étions un dimanche et tout était fermé, les rues désertes sauf une grande artère devenue piétonne où se retrouvent des centaines de boutiques d’artisans recouvertes de toile blanche.

«L’européenne» Buenos Aires

Les taxis sont très peu chers et il y en a partout tout le temps, il suffit de lever le bras. Comme les distances sont grandes, il vaut mieux les prendre que de marcher pour aller d’un point à un autre. On mange bien à un prix très raisonnable, contrairement à Montevideo où notre guide nous disait qu’aucun résidant ne va au restaurant parce que trop cher, ce que nous avons constaté. Nous étions à Buenos Aires pour le carnaval mais nous n’avons rien vu dans les rues qui le soulignait sinon la fin de semaine de trois jours et les queues aux musées ou pour visiter le célèbre Théâtre Colon.

Je ne sais pas si j’aurai l’occasion de refaire un si long et beau voyage mais cela a valu pour moi la peine et le prix, environ 10 000 $ / personne. Je recommande cette croisière à qui aime la nature, la mer et les montagnes et je crois que cela vaut le coût d’obéir au «quant à faire», de s’offrir une cabine avec balcon et de faire les excursions si on peut marcher car souvent, les villes portuaires ne sont pas d’un grand intérêt. Il faut s’en éloigner, souvent beaucoup, pour voir un coin charmant qui laisse de beaux souvenirs.

Buenos Aires : une ville qui a de la classe

Posted in: Uncategorized