La THAILANDE, toute d’OR vêtue (1)

Posted on 17 janvier 2019



par Ray Bourque

Louisette et moi sommes arrivés à Bangkok sains et saufs après un périple de 25 heures. Montréal -Toronto puis Toronto-Séoul et enfin Séoul- Bangkok. Après une bonne nuit dans notre chambre d’hôtel situé dans le cœur du vieux Bangkok au milieu d’un magnifique jardin et en bordure d’un canal, nous avons entrepris de visiter les lieux environnants.

Notre première journée a été très active même si avions prévu une période de détente et d’adaptation face à cet environnement dépaysant. Mais que voulez- vous, ma femme m’a affublé du vocable de «super-actif. Inutile de la décevoir, n’est-ce pas ? Nous avons exploré les environs. Le premier arrêt fut tout à fait mémorable : nous avons été accueillis au temple bouddhiste Wat Bovornniwet par des gens très sympathiques . Et comme nous aimons beaucoup rencontrer des locaux lors de nos voyages, nous avons été invités à une fête organisée en l’honneur du grand moine en chef des sites bouddhistes, personnage important décédé depuis deux ans. Lors de cette célébration imprégnée d’une grande piété, plusieurs moines récitaient le chakra bouddhiste et une armée des bénévoles offraient gratuitement à manger à tous les participants. Un des bénévoles appelé Tom nous a conviés à gouter à de succulents plats thaïs. Nous avons discuté avec tout un chacun et croqué plusieurs images. Quel plaisir d’être accueillis avec tant de chaleur et de simplicité.

Nous avons poursuivi notre périple jusqu’au grand canal et avons emprunté un bateau style taxi fluvial qui nous a amenés tout prêt du site le plus célèbre de la ville, le Wat Phra Kaew ou Palais Royal. L’endroit comprend un ensemble très vaste de bâtiments d’une beauté exceptionnelle dont celui du Bouddha d’émeraude. La présence d’une foule gigantesque de Chinois hurleurs et indisciplinés a quelque peu terni cette visite.

La marché flottant, une institution en Thaïlande 

Difficile de se mêler à une horde de visiteurs qui bloquent les allées et jouent des coudes sans discernement pour se frayer un chemin.

Le lendemain nous avons décidé de rester dans le quartier mais… un habile vendeur nous a convaincus de visiter le marché flottant de Damnoen Saduak et le site de la célèbre voie ferrée où les marchands doivent retirer leurs marchandises à chaque passage du train.

Le prix de ce voyage était de 400 bahts ou 20$ pour une virée d’un jour sur un site situé à 95km de Bangkok… Trop beau pour être vrai !. Vous aurez raison de nous traiter de naïfs ! Arrivés à destination, le prix demandé pour la visite était de 2000 bahts ($100 par tête). J’ai négocié pour finalement débourser 100$ pour deux. Sur le site de

Une voie ferrée unique au monde ?

la voie ferrée, le chauffeur exige maintenant 300 bahts ($15.00) pour payer le stationnement (Bull Shit !). Au retour, il se fait arrêter par la police pour avoir omis de porter sa ceinture de sécurité et doit acquitter sur le champ une contravention de 500 bahts. Pour une fois que le grand Bouddha punit un escroc ! Faut-il vraiment mentionner que l’ambiance du retour manquait de jovialité ?

Le lendemain, la découverte du temple du Bouddha d’or s’est révélée une expérience des plus fascinantes. Les Bouddhistes ont rapidement réalisé la valeur de l’argent en remplaçant les moulins à prières par des pots à monnaie. Afin de s’attirer les faveurs de Bouddha, les pèlerins doivent défiler le long d’un grand couloir et déposer des offrandes dans des contenants qui y sont alignés. Un joli tintamarre résulte du passage de ces donateurs ! Bouddha doit être très reconnaissant de tant de bruyante générosité

Ce lieu est un des plus beaux que nous ayons vus à ce jour : c’est un vaste ensemble comprenant des bâtiments architecturaux d’une richesse inouïe, des appliqués de nacre, des céramiques magnifiques et des œuvres sculptées dans la pierre ou le bois recouverts de riches dorures. Nous sommes resté bouche bée face à cette opulence architecturale.

 

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Temple du Bouddha d’or, le Wat Traimit

Nous avons privilégié les randonnées et les arrêts fréquents pour jaser avec les gens que nous croisons. Rencontres avec de nombreux touristes, chauffeurs de Tuk Tuk, vendeurs de pacotilles, restaurateurs, etc. Mon côté sociable a refait surface, au grand plaisir de ma chère compagne! En longeant un des grands boulevards de Bangkok en direction de la Place de la Démocratie, nous avons constaté avec étonnement que les Thaïlandais sont des joueurs invétérés. Sur cette avenue, des centaines de vendeurs de billets de lotos se pressent pour offrir aux passants l’illusion de la richesse.

Finalement, de retour à l’hôtel par le chemin piétonnier qui longe le canal Lamphu, nous entrons quelque peu dans la vie d’un quartier populaire de la capitale. Une expérience qui nous fait réaliser certains traits culturels implantés dans ce fascinant coin du monde, si différent du nôtre !

Pour entendre une prière bouddhiste : https://www.youtube.com/watch?v=CA_kVJWoc5A

La Thaïlande est un pays différent des autres pays asiatiques que nous avons visités. Quatre-vingt-quinze de ses habitants sont bouddhistes, des gens généralement calmes paisibles et souriants. Sur les routes, jamais de coups de klaxon, mais la vitesse et les dépassements frôlent la témérité. Ce pays de 68 millions d’habitants occupe un territoire trois fois plus petit que le Québec. Bien que, depuis 1932, une monarchie constitutionnelle dirige le pays, l’armée est omniprésente. Depuis cette date, il a connu un total de 19 coups d’état !

Avec plus de 40,000 monastères, la Thaïlande s’impose comme la plus bouddhiste des nations du Sud-Est, là où des moines passent leur vie, en quête du nirvana. La cuisine locale est particulièrement intéressante et raffinée. Nous adorons ce type de nourriture avec son abondance de légumes, de nouilles de riz, ses mélanges de poissons et de viandes découpées en fines lamelles, le tout agrémenté de sauces bien relevées.

Nous poursuivons notre voyage en direction de Damnon Saduak . Nous avions déjà visité son marché flottant lors de cette excursion avec l’arnaqueur que j’ai «dénoncé» dans mon premier message. Pour explorer la région, nous avons retenu les services d’ un chauffeur privé recommandé par l’hôtel, qui, malheureusement , ne comprenait pas un traitre mot d’anglais. Lors de cette virée, nous avons exploré les grottes Khao Bin Cave situées à une trentaine de kilomètres. Ces grottes sont vraiment superbes. Comme mon imagination est très fertile, j’ai découvert sur ses parois toutes sortes de formes bizarres comme une tête de dinosaure, des ailes d’aigles, un bébé sortant du ventre de sa mère, etc. Je vous jure que je n’avais fumé aucune substance illicite ! Nous avons aussi fait la découverte du Bouddha dans les arbres. Le temple de Wat Bang Kung contient un Bouddha vieux de 400 ans qui fut récemment découvert par des archéologues. Il est entouré de trois différentes espèces de banias (Ficus).

Nous sommes retournés au marché flottant pour apprécier cette fois le spectacle si animé des lieux et pour goûter à la nourriture locale.
Toute bonne chose ayant une fin, nous devons quitter cet endroit en direction de Kanchanaburi. Après de nombreuses recherches et l’aide de Monsieur Note, un bon samaritain rencontré par pur hasard, nous avons opté en guise de transport, une combinaison taxi-autobus. Les autres options nous obligeaient à retourner à Bangkok ou exigeaient des prix faramineux. Monsieur Note nous a reconduits à un arrêt d’autobus pour prendre un superbe Yellow Bus en direction du terminus de Kanchanaburi. Ces autobus sont semblables à de gros collectivos du Mexique. L’agréable trajet de 95 Kilomètres nous a coûté 4$ pour deux. Pas de quoi rouspéter !

Le pont de la rivière Kwai

À Kanchanaburi, nous avons visité le fameux pont de la rivière Kwai qui fut construit par les Japonais durant la deuxième guerre mondiale. La construction du pont et de la voie ferrée permettait le transport de marchandises destinées aux conquérants. Ce projet a été entièrement réalisé à la main par des prisonniers de guerre, sans moyens mécaniques et dans des conditions exécrables situées au cœurs de zones montagneuses et marécageuses. Les soldats japonais imposaient aux ouvriers un rythme de travail insoutenable et inhumain. La visite du musée de Kanchanaburi s’impose donc puisqu’il raconte tous les détails de cette horrible saga, responsable de 100,000 morts.

Le lendemain, direction les chutes Erawan situées à 100 km de Kanchanaburi , tout près de la frontière birmane. Pour s’y rendre nous avons choisi de nouveau le Yellow Bus qui nous a permis de rencontrer d’autres visiteurs, Belges, Hollandais, etc. Composées de 7 niveaux accessibles via des chemins traversant la forêt, les cascades d’Erawan sont exceptionnelles. On peut même s’y baigner dans 6 des 7 niveaux.

Nouveau départ pour Ayutthaya, ancienne capitale de la Thaïlande, jadis appelée Siam. Fondée en

Les chutes Erawan

1351, cette ville érigea avec l’aide forcée d’esclaves artisans expérimentés originaires d’Angkor (Cambodge), de somptueux temples. L’influence des Khmers est bien visible dans la configuration de ces monuments (Prang). Ayutthaya, sis dans une région riche en gisements d’or, devint rapidement un centre économique très prospère. Sa richesse permit à ses constructeurs de créer des monuments entièrement recouverts d’or et de pierres précieuses.

Plusieurs de ces sites archéologiques sont bien conservés et sont classés par l’Unesco comme sites du patrimoine mondial. Le musée national expose de nombreux artefacts de cette glorieuse période qui s’acheva en 1767 par l’invasion birmane dont les assauts causèrent ruine et désolation.

Nous avons terminé la région par une visite du marché flottant d’Ayutthaya. Riche en couleurs et saveurs ce marché est ceinturé d’une longue promenade de boutiques et de restaurants. Sur les canaux, des bateaux de type pirogues sont propulsés par des pompes à eau qui rejettent un jet à l’arrière du bateau, permettant à celui-ci de se mouvoir.
Nous quittons maintenant pour Phitsanulok.

 

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Un des temples d’Ayutthaya

 

Voici le moine qui jette ses ordures par la fenêtre

Pour nous y rendre, nous avons choisi le train. Un voyage de 4 heures dans la plaine centrale de la Thaïlande. Le paysage est verdoyant et recouvert de nombreuses rizières. Ce voyage est tout à fait unique car des vendeurs de nourriture circulent dans le train en utilisant un langage musical proche des plaintes mortuaires psalmodiées lors des funérailles. Une section complète est réservée pour les moines bouddhistes qui nous enjoignent de ne pas l’utiliser. Hé oui, ces pieux moines qui n’hésitent pas à lancer bouteilles de plastique et autres objets hétéroclites par la fenêtre et qui nous demandent d’enlever nos chaussures lors des visites de leur temple afin de ne pas souiller leur environnement !

Dans ce pays, il existe une vive compétition entre les monastères pour construire le plus gros et plus riche. Le mien est plus gros que le tien na na na na… Cela me rappelle la course à la construction des églises au Québec au siècle dernier.

Phitsanulok est une ville située à 343 KM au nord de Bangkok. C’est une des plus grandes de la Thaïlande mais pas très intéressante, reconstruite après avoir été ravagée par un incendie en 1960. Notre séjour dans cette ville a donc été de courte durée. Nous avons visité les deux temples les plus réputés de cette région, Le Wat Phra Rattana construit en 1357 et le Phra

Phra Buddha Chinnarat

Buddha Chinnarat qui possède une des statues du Bouddha parmi les plus vénérées et les plus célèbres de la contrée. Ces endroits sont vastes et renferment des richesses architecturales incomparables.

De gigantesques statues plaquées or et d’innombrables petites placées en rangées sont situées en périphérie dans des bâtiments somptueusement décorés. Lors de cette excursion nous avons rencontré deux groupes d’étudiantes universitaires qui réalisaient un sondage. Nous avons accepté de répondre aux questions de ces timides jeunes femmes Avec des sourires nerveux et une grande difficulté à converser en anglais, elles ont réussi à nous faire passer l’examen… et, du coup, ont retrouvé le sourire.

À midi, une petite fringale s’est emparée de nous. Un restaurant de rue offrait un excellent chow mein pour la modique somme de 20 Bahts par personne ($1.00). Tout à côté, un vendeur d’œufs offrait sa marchandise aux passants. Le vendeur plaçait dans des sacs de plastique la douzaine d’œufs que les clients devaient transporter à moto. C’est pour cette raison que l’omelette est le plat national de la Thaïlande ! (Blague).

Après de grands efforts et des échanges persévérants avec notre chauffeur de taxi, nous sommes partis à la découverte de l’étang aux nénuphars. Nous devions emprunter des chemins de terre battue pour enfin y arriver. Caché dans un endroit méconnu, cet étang possède une espèce de nénuphars géants étonnants. Ils peuvent supporter le poids d’un homme de 90 KG. Heureusement, ils ne sont pas carnivores !

Étang de nénuphars

Le lendemain nous sommes partis pour la ville de Sukhothai fondée en 1238 et située à environ 450 km au nord de Bangkok. Un gros bus nous a emmenés sans encombre jusqu’à la gare de de Sukhothai pour la modique somme de $4.00 pour deux (95 km). Une réservation malencontreusement trop éloignée des endroits à visiter nous a ensuite obligés à supporter un trajet de deux heures en Tuk Tuk. Nos postérieurs furent mis à rude épreuve! Trouvant l’hôtel trop éloigné des lieux intéressants, nous avons dû réserver un nouveau gîte. Finalement, nous sommes sortis heureux des ennuis de cette saga, tant nous sommes maintenant dans un endroit magnifique. Grâce aux bons conseils et à l’aide de notre chauffeur de Tuk Tuk, nous nous sommes bien tirés d’affaire.

Voyager en mode autonome en Thaïlande demande patience, débrouillardise, calme, et confiance dans les gens. L’infrastructure touristique est élémentaire. Dans les villes que nous avons vues, l’information touristique est souvent incomplète ou absente et les informations concernant les transports sont difficiles à trouver. Les sites internet sont incomplets et souvent parsemés d’erreurs. Ces petits inconvénients ne sont toutefois pas bien graves quand on peut faire preuve de débrouillardise. Les Thaïlandais sont de formidables et gentils hôtes, toujours prêts à vous venir en aide, même si la langue pose quelquefois problème. Le pays est très sécuritaire et les gens sont tolérants.

Sukhothai est la première capitale du Siam fondée en 1238 qui a mis fin au règne khmer d’Angkor Wat. Elle a été inscrite en 1991 au patrimoine mondial de l’humanité. La splendeur et l’état de conservation de ce site sont tout simplement renversants. Contrairement à Ayutthaya dont les vestiges sont disséminés à travers la ville moderne, l’ancienne ville de Sukhothai constitue aujourd’hui un parc national historique à part entière. Trouvant leurs racines architecturales dans la mythologie hindoue, religion dominante avant l’expansion du bouddhisme, les temples étaient en effet entourés de trois rangées de mur et de fossés remplis d’eau. La partie du parc la plus visitée est la partie centrale où se trouve le Wat Mahathat. Plusieurs autres vestiges sont situés à l’extérieur de la partie centrale. Nous avons entrepris une excursion de deux heures avec un gentil chauffeur de Tuk Tuk. Sukhothai et son musée riche en vestiges et artefacts découverts sur le site, est un endroit magnifique et incontournable pour tout visiteur de ce pays.

Wat Mahathat

 

 

Ray Bourque

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