Quatre OCTOGÉNAIRES sur le DANUBE

Posted on 24 octobre 2017

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En septembre dernier, Danielle, Madeleine Nicole et Hélène, quatre copines, ex-compagnes de classe dont l’amitié ne s’est jamais démentie, ont voulu célébrer ensemble leurs 80 ans – elles en sont toutes là ou presque ! –   en vivant une fort belle aventure, celle d’une croisière sur le Danube. Elles ont rédigé avec Hélène-la-rédactrice, un journal à huit mains dont nous offrirons de larges extraits aux Retraités flyés. Après tout, on ne peut mieux porter ce titre que nos quatre merveilleuses commères !!

INTRODUCTION

Quand on navigue sur le Danube, on a l’impression d’un long fleuve tranquille. De 2 800 km de sa source dans la Forêt Noire à son delta dans la mer Noire, entre les deux noirs il peut être bleu. Seul fleuve d’Europe qui coule d’Ouest en Est, et seul au monde à être mesuré de l’estuaire à la source improbable.

S’il est long, il n’est pas toujours tranquille puisqu’il n’est navigable qu’à partir de 500 km de sa source, et qu’elles ont passé 13 écluses dont la plus haute, la Porte de Fer, double, représentait une chute de 35 mètres. Leur croisière, de Olentita en Roumanie à Passau en Allemagne, en a parcouru 1 796 km.



LE JOURNAL DE BORD

Jeudi le 21 septembre – Bucarest

Quelle belle surprise ! J’avais emprunté un Cartoville sur Bucarest dont le premier paragraphe de l’introduction parlait d’une ville sale, chaotique, sans véritable «cœur». Et même avant cela j’avais une image mentale d’une ville grise, à l’architecture soviétique, donc je n’avais aucune attente, et ce n’est pas le palais de Ceaucescu qui allait m’impressionner.

Ce fut donc une révélation de trouver une ville propre, verte, aux larges boulevards bordés d’arbres et sur la rue de la Victoire des maisons somptueuses servant d’ambassades, ou autre. Des architectes français sont venus en grand nombre, début et milieu du XXe siècle et entre les deux guerres, construire beaucoup des édifices officiels de la ville et des maisons privées donnant à l’ensemble un petit air hausmanien rappelant clairement Paris, d’autant que la pierre utilisées semble de cette couleur beurre frais qui ensoleille la ville.

Après un tour des grandes artères en autocar, l’arrêt photo devant le palais qui sert de parlement. On peut parler de gigantisme, mais certainement pas d’esthétisme. D’après Camélia, notre guide, beaucoup de belles choses ont été démolies pour faire place à ce gros tas et à la large avenue qui y mène.

Je ne suis ni jovialiste ni aveugle. Bien sûr, il y a des immeubles des années 80, gris, mal entretenus et dont le crépi souffre de pelade, je les ai vus. Il y en a beaucoup, mais ce n’est pas ce qui domine dans la ville. Et autant on sent un effort de rafraîchissement des beaux immeubles, autant ces mal aimés semblent abandonnés jusqu’à ce que ruine s’en suive et qu’on puisse les raser. Ce ne sera pas une perte architecturale.

 

Bucarest

Bucarest la belle

En plus, il faisait beau et chaud et nous avons quitté le car et monté d’abord vers l’église orthodoxe principale, Ste Hélène et Constantin, avec des fresques très anciennes et bien conservées, un iconostase en or, spectaculaire, interdit de photos. Il y a un ensemble de bâtiments liés au clergé et plusieurs prêtres en soutanes se promènent autour de cette place. Quand un laïc en croise un, il lui baise la main.

Dans la tradition, les hommes  entrent en premier à l’église et ensuite les femmes, celles-ci étant considérées impures, sont plus ou moins séparées pendant la cérémonie où tout le monde reste debout. Camélia pendant la marche explique très bien le rôle de la religion dans la survie de la Roumanie à travers ses nombreuses invasions.

Nous redescendons vers le restaurant aménagé dans un ancien caravansérail, avec une cour intérieure fleurie et protégée du soleil par la végétation. Repas délicieux, des entrées que nous partageons, des feuilles de vignes farcies et un dessert. Tout à fait appréciés et les mets et le décor.

Nous reprenons la visite à pied vers le vieux Bucarest, il y a de nombreuses églises sur notre chemin, de styles très différents, dont une de brique rouge et pierre blanche, assez originale. Camélia nous amène ensuite dans un endroit secret, qui est, en fait, le passage où nous sommes allées manger la veille. Il s’agit d’un endroit où il est possible de fumer des herbes illicites : nous avions déjà remarqué l’usage fréquent de narguilé autour de nous.

Les Roumains sont dehors, joyeux, semblent plutôt à l’aise, C’est l’heure de l’apéro et nous reprenons notre car pour rejoindre le bateau. Pendant le trajet, Romain, l’accompagnateur, propose les excursions pour les deux prochains jours, et vante les mérites de chacune. Soit Sofia ou Veliko Tarnovo , nous sommes les seules à choisir cette option les autres optant pour Sofia.

Mais la conférencière officielle de la croisière est derrière nous et nous conseille sur les visites proposées de façon tout à fait désintéressée.

À Oltenita, en rase campagne, le bateau est seul au bord du Danube bleu, je vous jure, et nous sommes accueillis à bord par un équipage francophone souvent de l’île Maurice. La cabine, au ras de l’eau, n’est pas très spacieuse. Tout y est sauf le Wifi, aléatoire.
Nous nous installons et montons à la salle à manger où nous attend un buffet pour ce premier soir. Nous choisissons notre table et nous restons seules, les deux places libres ne trouvant preneur qu’après la fin de notre repas. Ce matin personne d’autre n’est venu et nous espérons que cela reste comme ça, car il y a un nombre de Français râleurs assez important à bord. À demain, après l’excursion en Bulgarie, si le Wifi nous rattrape.

Hélène
Relu et signé par Danielle, Madeleine et Nicole, les octogénaires rigoleuses. (Le correcteur m’a proposé rigole usée…)

 

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

Ici, à Montréal,  le grossiste qui propose la croisière sur le Danube est Exotik Tours. L’armateur allemand, enregistré à Passau, près de Munich, a une flotte de bateaux nommés Amadeus, qui montent et descendent le Danube. Mon bateau s’appelle l’Amadeus Élégant mais il y aussi Brillant et d’autres. C’est la compagnie allemande qui fournit un personnel polyglotte, dont, cette fois ci, des Mauriciens, en grande partie à la salle à manger, parlant un très bon français.

C’est Rivages du Monde collection, un grossiste français basé à Paris, qui planifie et organise la croisière en affrétant tout ou une partie du bateau. Les accompagnateurs, ces GO style Club Med, qui nous accompagnent et l’animateur sont du personnel de Rivages du monde, évidemment francophones. Il y avait à bord un autre groupe Unitour, québécois je pense.

Exotik Tours organise les vols Montréal-Bucarest et Munich-Montréal, de même que les hôtels dans les deux villes et les navettes aéroports-hôtels et fournit à Rivages du Monde les passagers qui veulent faire cette croisière. À partir de Bucarest c’est Rivages du monde qui s’occupe de nous, et nous sommes intégrés aux passagers français.

Je crois que la croisière s’appelle Au fil du Danube. Il y a aussi Croisière Danube 2017. Nous avons choisi de faire la remontée du Danube, partant non pas de l’embouchure mais de Oltenita, près de Bucarest en Roumanie, jusqu’à Passau près de Munich en Allemagne. C’est la meilleure façon de faire cette croisière allant des villes moins riches aux plus spectaculaires.

Le Danube traverse ou sert de frontière à huit pays pendant ce trajet, et nous faisons au moins un arrêt dans chacun. À commencer par la Roumanie, suivie de la Bulgarie, Serbie, Croatie, Hongrie, Slovaquie, Autriche et Allemagne.

J’ai oublié de préciser qu’il s’agit d’une croisière de 12 jours, 11 nuits 33 repas comprenant 5 tours de villes avec guide francophones en plus des options.

C’est l’agence Cinquième saison et l’agent Marie Carmen Voss qui nous a fait connaître cette croisière et fait les réservations pour nous.

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