SOUS mes CIELS CHINOIS – jours 3, 4, 5, 6 et 7

Posted on 14 juin 2017

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Hélène et son amie Diane poursuivent leur voyage en Chine et entreprennent, au sixième jour, une croisière sur l’incomparable fleuve Yangtsé.

Jour 3

Aujourd’hui, ce ne sera que transport. De l’autobus nous voyons des  «échangeurs Turcot » à maintes reprises, en bon état, et des buildings à perte de vue, des grues à plein ciel, autos de luxe, plutôt françaises allemandes et américaines que japonaises. Gare grouillante comme toutes les gares méga.

Un échangeur Turcot… «made in China» !

J’avais dit qu’on nous ferait partir à 7:15 par peur du trafic, mais qu’on arriverait à 8:22, je m’étais trompée c’est à 8:33 qu’on nous a déposés devant la gare située près de l’aéroport. Dans le bus, on nous a distribué les tickets de train. Encore une fois non seulement Diane et moi ne sommes pas ensemble, mais dans deux wagons différents.

La femme d’un couple qui n’était pas à côté de son mari, a fait un tollé, critiquant fortement l’organisation et la guide, ce qui a créé un malaise, du coup Fanfan, si volubile d’habitude, n’a plus dit un mot du reste du trajet. Elle avait expliqué que c’était très difficile de se procurer des billets après le congé, et qu’on devait apprécier le fait d’avoir des places. Elle finissait son travail avec nous, dommage.

La gare est immense et très achalandée. On y retrouve l’image de la fourmilière chinoise qu’on n’a pas vue à Shanghaï.

Nous avions près de deux heures à perdre avant le départ du train. Toutes les boutiques sont américaines. Des porteurs ont empilé les valises sur des charriots et devaient nous les apporter sur le quai, ils n’ont pas pu, mais ça on ne l’a su que sur le quai. Les autres groupes avaient récupéré les leurs dans la gare et ont pu monter et prendre les places disponibles dans le compartiment au- dessus des bancs.

Je suis rentrée la dernière, et de justesse, c’était le bordel: des ordres et contre-ordres, laissez-les dans l’allée, non près des portes d’accès, non, sous vos genoux, c’est juste si on ne nous a pas demandé de les laisser sur le quai. Finalement  Andy, le responsable du groupe, s’en est occupé.

J’ai laissé ma place à une dame qui voulait être avec ses amis, Andy a cédé sa place à la dame qui a rouspété et s’est retrouvé à côté de moi. Finalement je ne suis pas si mal, même si loin de Diane qui a eu, de son côté, aussi des gens sympas autour d’elle. J’ai réussi à dormir.  Il fait chaud et humide. Étonnement : nous n’avons vu personne dans les champs. Il fait une brume, assez intense qui donne un côté glauque aux immeubles et aux paysages.

 

Nous arrivons à Wuhan , ville de 11 millions d’habitants, avec 10 000 chantiers où on fabrique, entre autres, les

Wuhan, un certain jour de smog…

voitures Peugeot, Citroën, etc. Aussi des sous-marins,  des structures pour équipements et bâtiments, entre autres. Il pleut. Les fenêtres de l’autobus sont tellement embuées qu’on ne voit rien de cette ville.

A cause de la circulation, il y a une heure de trajet à faire pour se rendre à l’hôtel, mais nous irons d’abord au restaurant. Les soupers sont splendides, et ce soir encore mieux et la compagnie franchement rigolote. Ici on soupe à 18:00.

Le restaurant chic « goût chinois » qui a beaucoup plu à certaines passagères, mais jugé ultra kitsch par d’autres.

Nous voici finalement à l’hôtel très confortable, douche et ce mot, amorcé dans le train, et dodo il est 20:45 je crois que je vais dormir pour vrai cette nuit. Demain, nous visitons une autre ville et nous embarquerons pour la croisière.

Jours 4 et 5

Ma nuit a été confortable et réparatrice. Pluie ce matin et ou brume, départ 8:00. Pour Jingzhou . Campagne riche, culture de carpes dans des bassins carrés, personne dehors. Des cabanons sur les bords des étangs et des rizières que quatre familles cultivent pour leur usage personnel. De l’eau partout, mais pas un chat pendant des kilomètres. Sur tout le trajet j’ai aperçu un homme et un petit enfant près d’une maison.

Les villes sont  propres, toujours quelqu’un qui nettoie, mais les campagne sont manucurées, pas un sac de plastique qui traîne. Dans le train, hier, une employée passait aux quarts d’heure avec un balai et un porte poussière pour ramasser les miettes ou papiers. Ce sont mes plus grands étonnements: la propreté qui règne partout, le peu de gens à pied, dans les rues ou dehors à la campagne : en fait, les Chinois sont en voiture

Par contre, le crépit  des édifices plus anciens est négligé et donne un air de pauvreté par rapport aux nouvelles tours qui sont privilégiées. En arrivant à Jingzhou, nous avons vu un quartier entier en train de se faire raser et les grues déjà en place pour les immeubles à venir.

 

Jingzhou vvJingzhou est une petite ville d’un million deux cent mille habitants. Très humaine. Nous avons visité la muraille qui l’entoure et le musée qui renferme la dépouille intacte (peau, chair, cheveux) d’un homme décédé il y a plus de deux mille ans et dont on ignore, à ce jour, le processus de conservation. Le reste du musée contient des vases de cuivre des tissus très anciens, des objets préhistoriques. Ici on n’expose pas, semble-il, des objets plus récents que 2000 ans.

Après le musée nous nous sommes dirigés vers un beau bateau tout blanc de 560 passagers pour une croisière de quatre jours sur le Yangtze. L’embarquement bien organisé en principe: les valises sont dans les cabines, on n’a qu’à s’y rendre, s’installer et on s’enregistrera plus tard.

Nous étions prévenues qu’on ne pouvait pas apporter de nourriture ni boisson à bord et, trop distraites, nous avions bien en vue les grignotines et l’eau que nous venions d’acheter. Le tout confisqué nous sera remis au débarquement.

Le chaos s’est produit parce que, dans le même espace d’arrivée, il y avait un endroit pour acheter l’excursion vers un village reconstitué, un kiosque pour réserver son massage, une autre table, pas loin,  pour commander des bières pour la durée de la croisière.

L’anglais et le français des membres de l’équipage demandent une oreille attentive et de la divination du passager, ce qui prolonge les dialogues. Mais ce serait pire s’il fallait que nous parlions chinois !

La cabine est spacieuse, deux lits Queen, le pan de mur extérieur complètement vitré, porte patio donnant sur un balcon privé, et toilette douche très confortable. Le seul hic c’est qu’internet est offert dans les bars et le lobby à un tarif horaire.  Nous devons voir demain s’il y a moyen de l’avoir dans la chambre, une heure par jour.

Il y a plus de 560 passagers  à bord, ça fait du monde au buffet en même temps. Mais il y a un autre restaurant où on sert de la nourriture occidentale, mais il faut réserver. J’espère que ce sera un attrait pour plusieurs, ce qui libérera des places pour le buffet. Jusqu’à maintenant nous avons très bien mangé partout, j’ai trouvé l’apprêt moins raffiné hier soir à bord.

Le bateau est luxueux et le décor plutôt de bon goût. Il y a des boutiques, une piscine, et un lieu d’exercice, des ascenseurs, un  cinéma mais avec les excursions, nous n’aurons pas vraiment le temps d’en profiter beaucoup. Les chambres donnent sur une cursive qui surplombe le lobby et la promenade avec les boutiques sur quatre niveaux. Le bateau a un rythme varié, à certains moments, le moteur fait vibrer le bâtiment, à d’autres il glisse comme un cygne.

Le temps est brumeux et chaud, 23° mais avec l’humidité… Pour l’instant, c’est la nuit, je finis d’écrire à 5:30 car nous nous sommes encore couchées tôt hier soir et ma nuit était faite à 3:00;  c’est le cas pour plusieurs de notre groupe. Je vais me recoucher en attendant le réveil nous verrons plus tard pour l’expédition de ce texte et des autres.

Jour 6

Passé une bonne nuit, même si je me suis réveillée à 3:00, je m’étais couchée tôt et endormie  dès 21:30. Il y a un peu de brume et  au lever du jour, un soleil rouge presque framboise apparaît puis disparaît, cherche à percer en fin d’avant-midi.

Nous étions les premières à la salle à manger ce matin, puis nous sommes montées sur le pont voir la manœuvre dans l’écluse. Ensuite nous avons assisté à une  causerie sur la médecine traditionnelle chinoise, essentiellement l’acupuncture, puis nous nous sommes promenées dans les boutiques et sommes allées constater que la piscine est sur le pont, donc trop froide à mon goût.

Nous avons amorcé la traversée de la gorge de Xiling, impressionnante, mais le bateau est à quai le temps de permettre à l’excursion au village reconstitué. Diane est allée recevoir un acumassage, j’irai demain.

La circulation fluviale est très active, des barges, des bateaux de tourisme, des sampans, des petits comme des gros. Toutes sortes de bruits: cloche, sirène, Klaxon et plus tôt un bruit de mitraillette semblait-il dans la montagne. Malgré tout on entend des oiseaux que je ne vois pas.

L’eau est vert jade foncé, et reflète la falaise ocre et verte. Il y a des maisons et une route à flanc de côte. Malgré le nombre de bateaux, je ne vois rien flotter ni accroché au rivage.  Le fleuve fait beaucoup de méandres, dans certains cas tellement prononcés que les bateaux doivent prévenir de leur arrivée. La brume rend le paysage mystérieux mais n’empêche pas de le voir, enveloppe  l’horizon qui se laisse deviner.

Un bateau de croisière sur le Yangtsé

 

À Shanghaï notre guide, nous a dit que c’était la saison d’un mois de pluie. J’aurais aimé le savoir avant d’acheter les billets. En fait, le mois de mars était complet et on indiquait que plus tard il ferait trop chaud. Pour l’instant il ne pleut pas, mais la brume est dense et mes cheveux bouclent, c’est dire l’humidité !

Visite au barrage, tellement brumeux qu’on ne voit pas le paysage. Montée en escalier roulant descente par une rampe en pente douce. Des messages diffusés par haut-parleur disent de  garder la droite, tenir la rampe, ne pas se pencher et de s’occuper des personnes âgées et des enfants. C’est la première fois que j’entends une telle consigne.

Ma sciatique diagnostiquée avant mon départ, se confirme. Je connais le remède mais ne peut l’appliquer ici. J’espère que l’acumassage de demain va m’aider à finir le voyage sans boiter.

Deux de nos amies passagères, sont restées dans la boutique au pied du barrage parce que l’une d’elle a le vertige et, sans prévenir le guide, elles ont pris sur elles de rester, croyant que le car allait repasser par là.  Nous avons dû les attendre.

Plusieurs ont blâmé le guide de ne pas avoir constaté leur absence avant de partir, d’autres les ont blâmées, elles, de ne pas l’avoir prévenu. Je crois qu’elles auraient dû s’asseoir dans le car et y rester pendant qu’on montait au barrage. J’aurais pu rester à bord et n’aurais pas manqué grand’ chose.

Ce soir,  soirée  du capitaine, on se met chic. Après le souper tous les passagers sont invités au bar du 5ème pour rencontrer le capitaine et ses chefs de section qui nous accueillent en ligne à la porte, en uniforme blanc. On nous offre un verre de rouge ou un jus. Puis ils viennent au centre de la piste de danse pour souhaiter bon voyage en chinois et trinquer avec tous les passagers.

Des membres de l’équipage, filles en tutu blanc et garçons en queue de pie blancs, dansent une valse puis viennent chercher les passagers, qui ne se font pas prier,  pour ouvrir le bal. Très vite le plancher se remplit pour de la danse en ligne. Prudence et raison m’ordonnent de rester assise et de r.e.g.a.r.d.e.r  danser, de toute façon la musique, trop forte, ne me convient pas.

En rentrant à la chambre le haut- parleur nous indique que nous amorçons la traversée du barrage par cinq écluses. En effet nous sommes dans l’une, qui doit contenir quatre bateaux ou plus, selon sa taille, mais les petits ont un ascenseur. Nous sommes au fond de l’écluse et si près de la paroi que, du balcon, on la touche de la main.

Jour 7

L’excursion dans les Trois Petites Gorges par le ruisseau des Déesses, se fait dans des barques chinoises décorées navigant en flottille au ras de l’eau.

On y accède par une longue marche à travers des bateaux et des quais pour atteindre les petites embarcations menées par un marinier et une assistante d’une ethnie régionale en costume local. C’est une balade de rêve, un décor absolument subjuguant, onirique, quelque chose de wagnérien avec des montagnes bleues aux versants acérés baignant dans une brume mystérieuse.

Le bateau est couvert et il y a des chaises pour une trentaine de passagers mais un pont arrière ouvert où ne peuvent se tenir que cinq passagers, permet de mieux admirer les falaises ocres, rouges et grises qui nous encadrent. C’est une splendeur qui se renouvelle constamment.

Au milieu de l’excursion nous avons eu droit à un « pestacle », comme disait ma fille, petite, sur un quai flottant composé d’une sorte de bidons de plastique cubiques qui s’emboîtent les uns dans les autres. Très ingénieux. Le spectacle lui-même consiste en des chants traditionnels exécutés par des membres de l’ethnie locale.

 

Le fleuve Yangtsé, d’une époustouflante beauté…

[FM1]Photo échangeur

[FM2]Wuhan photro

[FM3]Jingzhou photo

[FM4]Bateau de croisière

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