NE PLUS VOIR QUÉBEC DE LA MÊME MANIÈRE

Posted on 15 juillet 2016

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Québec petit

JE M’APPELLE ÉRIC, JE SUIS HISTORIEN ET GUIDE….
Amoureux de la ville de Québec, j’en offre une visite totalement unique et personnalisée, une visite qui sort des sentiers battus. Vous ne verrez plus Québec de la même façon une fois que vous aurez découvert ses rues et ses ruelles en ma compagnie! Vous aurez aussi accès à mes secrets: les lieux à voir ou à fréquenter et qui ne sont pas (ou rarement) dans les guides touristiques.
Que l’on soit touriste ou résident de la ville de Québec, on apprend bien des choses lors de cette visite!
Cordialement,
Guide QuébecÉric Dussault Ph.D.
conferences_historiques@yahoo.ca
https://www.facebook.com/GuideTouristiqueAQuebec
http://guidetouristiqueaquebec.blogspot.ca/
Et si vous souhaitez en savoir encore plus, voici un très joli papier  de Mylène Moison publié dans Le Soleil qui nous dit qui est Éric Dussault et dans quel esprit il a entrepris de nous faire voir Québec sous un nouveau jour….


UN GRIOT À LUNETTES DANS LE VIEUX-QUÉBEC

 par Mylène Moisan – Le Soleil  

On parle beaucoup d’histoire ces temps-ci, de ce qu’il faut enseigner dans nos écoles. Plus de ci, moins de ça, un peu de rouge, pas trop, beaucoup de bleu. On ne parle jamais de comment il faut enseigner l’histoire. Il ne faut pas l’enseigner.

Il faut la raconter.

J’ai justement passé l’avant-midi de mardi avec Éric Dussault, un type qui en mange, qui a fait son doctorat là-dedans. Eh bien, quand il allait à l’école, il détestait les cours d’histoire. On lui a parlé du Québec comme du théorème de Pythagore. On l’a bourré de faits, de dates, qu’il recrachait gentiment aux examens.

Il a aimé l’histoire le jour où il a compris qu’il y avait du monde dedans, pas juste des rois, des grands hommes et des tyrans. Qu’il y avait des femmes aussi. Sa thèse porte d’ailleurs sur un quartier de Paris, Saint-Germain-des-Prés, entre 1945 et 1960. Il y est resté trois ans, est revenu au Québec en 2010, s’est aperçu qu’il ne connaissait pas sa propre histoire. Il était un peu gêné.

De ses cours à l’école, il ne restait absolument rien.

Il s’est à mis à lire sur Québec. Il a lu Jules Verne, Famille-sans-nom, qui vient d’ailleurs d’être réédité. Il a lu un Suédois, Pehr Kalm, qui a visité la ville en 1749. Il a lu des histoires qui racontaient son coin de pays. Il a été tellement étonné de ce qu’il apprenait qu’il est devenu guide historique.

Depuis presque trois ans, il présente Québec comme il l’a découverte, à travers les récits, à travers les gens qui y ont vécu. «Pendant deux ans et demi, j’accrochais les gens, je leur proposais de se promener avec moi, gratuitement, pour leur faire découvrir la ville. Depuis juillet, je fais ça officiellement, je demande 30 $ pour trois heures.» Il a un cartable rempli d’histoires.

On a marché pendant deux heures, il me parlait de la ville, je posais des questions sur lui. Il n’aimait pas ça. «C’est de Québec dont je veux que tu parles. Les gens ne connaissent pas l’histoire de leur ville. Il y a beaucoup de mythes Québec, on pense tout en fonction de 1759, alors que 90 % du patrimoine date d’après 1800.»

On a marché dans les ruelles, il m’a fait visiter la cave d’une galerie d’art. Il m’a raconté la vie quand l’histoire s’écrivait. «Ici, ça puait, ça criait. Les gens lançaient leur urine et leurs excréments par les fenêtres, il y avait des poules, c’était insalubre.» On était où? Rue Saint-Pierre, à côté de place Royale. Aujourd’hui, c’est tellement propre qu’on pourrait presque manger dans la rue.

À place Royale, il m’a parlé des exécutions publiques. Il m’a lu un texte racontant le rituel avec moult détails, jusqu’aux spasmes du pendu, à ses intestins qui se vident, à sa langue qui sort de la bouche, aux coups de pied que le bourreau assène à la fin pour être certain que le bougre est mort. Il y a eu un silence après. «Ça permet de savoir comment ça se passait vraiment.»

Ça se passait le 25 novembre 1732, «par un temps frais, sous un vent glacial». L’homme qu’on venait de pendre avait volé 100 livres. On pendait pour plusieurs raisons, entre autres la contrefaçon, le meurtre, la désertion, l’homosexualité, la bestialité et le recel de grossesse. Une jeune femme célibataire enceinte qui ne déclarait pas sa grossesse à un juge était condamnée à mort.

Il m’a parlé des femmes. Ceux qui ont décrit Québec sous le régime français ont beaucoup parlé des femmes. «Jules Verne, tout comme Pehr Kalm ont décrit un matriarcat. Ils étaient tous abasourdis du rôle que les femmes jouaient, c’était des grandes gueules, ce sont elles qui tenaient les cabarets.»

J’ai trouvé un autre extrait du Suédois en fouillant sur Internet. «En général, les dames de Montréal semblent être plus jolies que celles de Québec, si j’ose m’exprimer ainsi et bien que je ne sois pas très compétent en ce domaine. Je crois également que les premières, en particulier lorsqu’elles appartiennent à la haute société, surpassent de beaucoup les secondes dans le domaine de la chasteté. […] La femme de Québec est en général aussi paresseuse qu’une Anglaise.»

Et vlan.

Éric se décrit comme un «genre de griot africain», un conteur de l’histoire. C’est ce qu’il manque dans les classes. Il faut laisser aux profs le temps de raconter le passé plutôt que de les obliger à le réduire en une indigeste bouillie de dates et de personnages. À quoi ça sert de s’arracher les cheveux à réformer des programmes si, en fin de compte, les jeunes n’en retiennent rien?

 

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